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Taux de crédit, taux de croissance : le jeu du « qui monte, qui descend » ou comment la BCE joue l'attentisme

Publié le 28/11/2013 - Modifié le 07/10/2013

Taux de crédit, taux de croissance : le jeu du « qui monte, qui descend » ou comment la BCE joue l'attentisme

Le principal taux d'intérêt de la Banque Centrale Européenne reste pour l'instant à son taux déjà historiquement bas de 0,5%.

Décision prise collégialement par les gouverneurs des banques nationales assortie d'une promesse de « maintenir une politique monétaire accommodante aussi longtemps que nécessaire », dixit le Président de la BCE.

Une croissance en suspens
La croissance de 0,3% au deuxième semestre 2013 en zone euro est pourtant encore bien fragile. Un renchérissement des matières premières, une demande plus faible que prévue et un effritement possible du timide regain de confiance des ménages et des entreprises sont des risques qui continuent de peser sur la croissance de la zone euro.

C'est pourquoi la question d'une baisse de taux directeur va continuer à se poser dans les mois à venir. Et les mêmes défenseurs de la stabilité de soutenir la thèse que ce n'est pas la baisse des taux qui va faire naître une vraie reprise.

Le fragile équilibre entre inflation et consommation
D'où viendra alors le nouveau souffle de croissance ? A en croire les spécialistes, il ne viendra pas en tout cas de la consommation en zone euro. En cause : une faible inflation qui fait craindre le risque d'une déflation. Une baisse des prix qui inciterait les agents économiques à spéculer et à reporter leur consommation. A 1,1% d'inflation on n'est pas encore dans ce scénario pessimiste tout en étant en-dessous de l'indice de « stabilité » de 2% visé par la BCE.

La liquidité bancaire en question
La BCE surveille avec intérêt les mouvements de prêts interbancaires, craignant des tensions dues à ce qu'on appelle la « fragmentation des marchés du crédit en zone euro ». La zone euro est coupée en 2 entre les pays où les banques regorgent de créances douteuses et les autres.
Dans ce cas la politique monétaire n'a que peu de prise sur les taux que les banques de ces pays vont proposer. Ainsi les statistiques montrent qu'une entreprise espagnole emprunte à des conditions bien moins avantageuses qu'une entreprise française. Les écarts peuvent atteindre 2 points de pourcentage, du coup ce durcissement du crédit engendre une baisse des demandes.

Autre sujet de préoccupation des banques : la réduction de leur bilan en vue de l'examen des bilans bancaires qui va être imposé par la BCE elle-même aux institutions financières. Aucune banque ne veut courir le risque de révéler qu'elle a besoin d'argent frais, l'obligeant éventuellement à recourir à l'argent public pour renforcer son bilan.

Donc il serait urgent d'attendre… Mais qui attend qui ou quoi ? Une entreprise peut-elle attendre ?