Le solde de tout compte regroupe l’ensemble des sommes dues au salarié lors de la rupture de son contrat de travail.

Ce document obligatoire détaille les différents éléments financiers à verser au moment du départ.

L’employeur établit ce document en deux exemplaires, dont un pour le salarié.

Le calcul du solde de tout compte varie selon le type de contrat (CDI ou CDD) et le motif de rupture.

Éléments inclus dans le solde de tout compte

Le solde de tout compte inclut généralement :

  • Le salaire du dernier mois travaillé
  • Les indemnités liées à la rupture du contrat
  • L’indemnité compensatrice de congés payés
  • Les éventuelles primes et gratifications
  • L’indemnité compensatrice de préavis (si non effectué)

Chaque élément fait l’objet d’un calcul spécifique pour déterminer le montant final dû au salarié.

Calcul du salaire et des primes pour le dernier mois

Le salaire du dernier mois travaillé constitue la base du solde de tout compte. Son calcul prend en compte le nombre de jours effectivement travaillés dans le mois.

Pour un salarié en CDI, la formule de calcul est la suivante :

(Salaire mensuel / Nombre de jours ouvrés du mois) x Nombre de jours travaillés

Les heures supplémentaires effectuées durant ce dernier mois s’ajoutent à ce montant.

Prise en compte des primes

Les primes et gratifications dues au salarié s’intègrent au calcul du solde de tout compte. Elles sont généralement calculées au prorata du temps passé dans l’entreprise jusqu’à la rupture du contrat.

Le tableau suivant présente les principales primes à considérer :

Type de primeMéthode de calcul
Prime d’anciennetéAu prorata du temps travaillé
13e moisAu prorata des mois travaillés dans l’année
Prime sur objectifsSelon les objectifs atteints à la date de départ

L’employeur doit veiller à inclure toutes les primes dues au salarié pour établir un solde de tout compte exact et complet.

Indemnités spécifiques selon le motif de rupture

Le calcul du solde de tout compte varie selon le motif de rupture du contrat de travail. Chaque situation entraîne des indemnités spécifiques qui s’ajoutent aux éléments de base.

Dans le cas d’un licenciement, le salarié a droit à une indemnité de licenciement. Son montant dépend de l’ancienneté du salarié et de son salaire de référence.

Calcul de l’indemnité de licenciement

La formule de calcul de l’indemnité de licenciement est la suivante :

  • Pour les 10 premières années d’ancienneté : 1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté
  • À partir de la 11ème année : 1/3 de mois de salaire par année d’ancienneté

Le salaire de référence correspond à la moyenne des 12 derniers mois de salaire brut ou des 3 derniers mois, selon la formule la plus avantageuse pour le salarié.

Indemnités en cas de rupture conventionnelle

La rupture conventionnelle donne droit à une indemnité spécifique. Son montant ne peut être inférieur à l’indemnité légale de licenciement.

Les parties peuvent négocier un montant supérieur, qui figurera dans la convention de rupture.

Calcul de l’indemnité compensatrice de congés payés

L’indemnité compensatrice de congés payés rémunère les congés acquis mais non pris par le salarié au moment de son départ. Elle s’ajoute systématiquement au solde de tout compte.

Deux méthodes de calcul existent pour cette indemnité :

Méthode du maintien de salaire

Cette méthode calcule l’indemnité en fonction du salaire que le salarié aurait perçu s’il avait pris ses congés.

Formule : (Salaire mensuel brut / Nombre de jours ouvrables du mois) x Nombre de jours de congés restants

Méthode du dixième

Cette méthode prend en compte 10% de la rémunération totale brute perçue par le salarié au cours de la période de référence.

Formule : (Rémunération totale brute de la période de référence x 10%) x (Nombre de jours de congés restants / 25)

L’employeur doit appliquer la méthode la plus avantageuse pour le salarié. Le résultat obtenu s’ajoute aux autres éléments du solde de tout compte.

Prise en compte des éléments variables

Le calcul du solde de tout compte intègre plusieurs éléments variables qui dépendent de la situation spécifique du salarié et des accords en vigueur dans l’entreprise.

Indemnité compensatrice de RTT

Les jours de Réduction du Temps de Travail (RTT) non pris à la date de fin du contrat donnent lieu à une indemnité compensatrice. Cette indemnité se calcule sur la base du salaire journalier du salarié.

Formule : (Salaire mensuel brut / Nombre de jours ouvrés du mois) x Nombre de jours de RTT non pris

Clause de non-concurrence

Si le contrat de travail comporte une clause de non-concurrence, l’employeur doit verser une contrepartie financière au salarié. Le montant de cette contrepartie varie selon les termes du contrat ou de la convention collective applicable.

Cette indemnité s’ajoute aux autres éléments du solde de tout compte.

Délais et modalités de versement

L’employeur doit respecter des délais précis pour le versement du solde de tout compte. Le non-respect de ces délais peut entraîner des pénalités.

Délai de versement

Le solde de tout compte doit être versé à la date de fin du contrat de travail. Cette date correspond au :

  • Dernier jour travaillé en cas de dispense de préavis
  • Dernier jour du préavis, qu’il soit effectué ou non

L’employeur qui ne respecte pas ce délai s’expose à des sanctions financières.

Modalités de paiement

Le paiement du solde de tout compte peut s’effectuer par :

Mode de paiementAvantages
Virement bancaireRapide et sécurisé
ChèqueTrace écrite du paiement

L’employeur remet également au salarié un reçu pour solde de tout compte. Ce document liste l’ensemble des sommes versées au titre de la rupture du contrat de travail.

Le salarié dispose d’un délai de 6 mois pour contester les sommes indiquées sur ce reçu.

A propos de l’auteur

Specialiste en gestion et finance pour TPE et PME. Dominique Geslin accompagne les dirigeants de petites entreprises dans leurs decisions financieres, comptables et managériales depuis plus de 10 ans. Fondateur de Comptanoo.