Le covoiturage est une solution de mobilité durable en France ces dernières années.

L’État a mis en place des incitations financières pour encourager cette pratique, notamment des primes pour les conducteurs.

Cependant, la situation a récemment évolué, remettant en question l’accessibilité de ces aides.

Oui, des primes existent mais sont actuellement suspendues

primes suspendues

Le dispositif de prime lancé en 2023 par l’État

En janvier 2023, le gouvernement français a introduit un système de primes pour stimuler le covoiturage quotidien. Ce dispositif s’inscrivait dans le cadre du Plan national pour le covoiturage, visant à augmenter la part de cette pratique dans les déplacements domicile-travail, qui ne représentait que 3% en 2019.

Les conducteurs pouvaient bénéficier de deux types de primes, chacune d’un montant de 100 euros, pour les trajets courts et longs. L’objectif était d’atteindre 3 millions de trajets quotidiens en covoiturage d’ici 2027.

La suspension de juin 2024 par le Conseil d’État

Malgré son succès initial, le dispositif a connu un coup d’arrêt en juin 2024. Le Conseil d’État a suspendu l’attribution des primes, remettant en question leur légalité et leur modèle économique. Cette décision a provoqué une onde de choc dans le secteur du covoiturage, freinant brutalement sa croissance.

Les perspectives de retour en 2025

Depuis la suspension, le gouvernement et les acteurs du covoiturage travaillent sur un nouveau modèle d’incitation. Des discussions sont en cours pour un possible retour des primes en 2025, avec des ajustements pour répondre aux critiques du Conseil d’État. Cependant, à la date du 31 juillet 2025, aucune annonce officielle n’a été faite concernant la réintroduction du dispositif.

Les conditions et montants des primes avant suspension

Critères d’éligibilité pour les conducteurs

Avant la suspension, les conducteurs devaient remplir plusieurs conditions pour bénéficier des primes. Ils devaient s’inscrire sur une plateforme agréée comme BlaBlaCar ou Karos, et effectuer un nombre minimum de trajets dans un délai spécifique.

Le véhicule utilisé devait être assuré, et les trajets devaient être payants pour les passagers. Contrairement à d’autres aides gouvernementales, ces primes n’étaient pas soumises à des conditions de revenus.

Les deux types de primes de 100 euros chacune

Type de primeMontantConditions
Prime courts trajets100 €10 trajets en 3 mois, moins de 80 km
Prime longs trajets100 €1 trajet de plus de 80 km + conditions supplémentaires

Ces primes étaient cumulables, permettant aux conducteurs actifs de recevoir jusqu’à 200 euros. Le versement s’effectuait en deux fois pour la prime courts trajets : 25 euros après le premier trajet et 75 euros après avoir atteint les 10 trajets requis.

Les plateformes agréées pour bénéficier des aides

Seules les plateformes certifiées par l’État pouvaient proposer ces primes. Parmi elles figuraient :

  • BlaBlaCar Daily pour les trajets quotidiens
  • Karos, spécialisée dans le covoiturage domicile-travail
  • Klaxit, une autre application populaire pour les trajets courts
  • BlaBlaCar pour les trajets longue distance

Ces plateformes géraient automatiquement les demandes de primes auprès du Registre national du covoiturage, simplifiant les démarches pour les conducteurs.

L’impact des primes sur l’essor du covoiturage en France

croissance du covoiturage

Les chiffres impressionnants de croissance en 2023

L’introduction des primes a eu un effet catalyseur sur le covoiturage en France. En février 2023, on comptait 800 000 trajets quotidiens en covoiturage, contre seulement 55 000 en février 2021, soit une multiplication par 15 en deux ans.

Sur les six premiers mois de 2023, plus de 5 millions de trajets ont été enregistrés par les plateformes agréées. Cette croissance fulgurante a dépassé les attentes initiales du gouvernement.

130 000 nouveaux conducteurs bénéficiaires

Le dispositif de prime a attiré de nombreux nouveaux conducteurs vers le covoiturage. En 2023, 130 000 conducteurs ont bénéficié de la prime de 100 euros, donnant un coup de boost significatif au covoiturage quotidien.

Cette augmentation du nombre de conducteurs a permis d’élargir l’offre de trajets, rendant le covoiturage plus accessible et pratique pour les passagers.

Les conséquences de la suspension sur le secteur

La suspension des primes en juin 2024 a eu un impact négatif sur la croissance du covoiturage. Selon des articles publiés en 2025, le secteur a subi un coup dur, avec une baisse significative du nombre de nouveaux inscrits sur les plateformes.

Les entreprises de covoiturage ont dû revoir leurs modèles économiques, certaines envisageant même des licenciements. Cette situation a souligné la dépendance du secteur aux incitations gouvernementales.

Les alternatives et autres avantages financiers du covoiturage

Les économies directes sur les frais de transport

Malgré la suspension des primes, le covoiturage reste financièrement avantageux. Selon des estimations du ministère de la Transition écologique, un conducteur peut économiser jusqu’à 2 000 euros par an en carburant pour des trajets de plus de 30 km.

Pour les passagers, le covoiturage propose souvent une alternative moins coûteuse que les transports en commun ou la voiture individuelle, surtout pour les trajets interurbains.

L’exonération fiscale pour les employeurs

Les entreprises peuvent toujours encourager le covoiturage parmi leurs employés grâce à des avantages fiscaux. Elles bénéficient d’une exonération fiscale jusqu’à 200 euros par an et par salarié pour les frais de covoiturage.

Cette mesure incite les employeurs à promouvoir le covoiturage, compensant partiellement l’absence des primes gouvernementales.

Les démarches à suivre en attendant le retour des primes

En l’absence de primes, les personnes intéressées par le covoiturage peuvent toujours profiter de ses avantages. Voici les étapes à suivre :

  1. S’inscrire sur une plateforme de covoiturage reconnue
  2. Proposer ou rechercher des trajets réguliers, notamment pour les déplacements domicile-travail
  3. Calculer les économies réalisées sur les frais de transport
  4. Se renseigner auprès de son employeur sur les éventuelles incitations internes
  5. Rester informé des évolutions réglementaires et du possible retour des primes

Une étude menée par l’Observatoire national du covoiturage en 2024 a révélé que, même sans primes, 65% des covoitureurs réguliers continuaient cette pratique, citant les économies réalisées et les bénéfices environnementaux comme principales motivations.

AvantageImpact moyen par utilisateur
Économies annuelles1 500 € – 2 000 €
Réduction empreinte carbone-30% d’émissions CO2
Temps de trajet-20% (voies réservées)

A propos de l’auteur

Specialiste en gestion et finance pour TPE et PME. Dominique Geslin accompagne les dirigeants de petites entreprises dans leurs decisions financieres, comptables et managériales depuis plus de 10 ans. Fondateur de Comptanoo.