La structure de la Société Civile Immobilière (SCI) est particulièrement prisée pour des investissements locatifs à plusieurs.

On parle même de SCI familiale, société constituée exclusivement entre parents et/ou alliés (ascendants, descendants, frères, sœurs, conjoints, etc.).

Chacun apporte des fonds ou un bien, reçoit des parts sociales en contrepartie et confie la gestion quotidienne à un gérant unique ou à plusieurs cogérants définis dans les statuts.

La SCI familiale possède plusieurs avantages fiscaux et patrimoniaux que nous allons vous présenter dans ce guide !

Qu’est-ce qu’une SCI familiale ?

Une SCI familiale est une société civile immobilière constituée uniquement entre parents ou alliés jusqu’au quatrième degré ; c’est donc une personne morale qui devient propriétaire du bien alors que les membres reçoivent des parts sociales proportionnelles à leur apport.

Cette différence de structure se traduit d’abord par des règles de décision opposées : la SCI fonctionne comme toute société, avec des assemblées où les majorités sont librement fixées dans les statuts, tandis que l’indivision demeure largement gouvernée par la règle de l’unanimité pour les actes importants, ce qui peut provoquer des situations de blocage.

Les associés d’une SCI sont tenus de manière indéfinie et illimitée des dettes sociales ; leur patrimoine personnel peut être sollicité si les actifs de la société s’avèrent insuffisants, même si ce recours n’intervient qu’après mise en cause de la SCI elle-même.

Pourquoi créer une SCI familiale ?

La structure de la SCI familiale reste l’un des montages patrimoniaux les plus utilisés pour acheter et gérer un bien en famille, parce qu’elle offre un cadre juridique et fiscal difficile à égaler.

Aussi, la SCI familiale constitue un outil efficace de transmission : les parts sociales peuvent être données progressivement, en profitant des abattements de 100 000 € renouvelables tous les quinze ans entre parents et enfants. Le transfert du patrimoine se fait ainsi par fractions, sans devoir diviser l’immeuble ni exposer les héritiers au régime de l’indivision.

Sur le plan fiscal, la structure offre une souplesse unique. Par défaut, les bénéfices sont imposés à l’impôt sur le revenu, mais la famille peut décider d’opter pour l’impôt sur les sociétés : elle accède alors à l’amortissement de l’immeuble, à un taux d’imposition potentiellement plus faible si les revenus sont réinvestis, et à la possibilité de lisser la charge fiscale dans le temps.

Cette option, bien qu’elle impose une comptabilité commerciale, devient particulièrement intéressante pour des projets à long horizon et à rendement élevé.

Enfin, ce type de structure apporte une stabilité dans la gestion des biens : les règles de décision sont précisées dans les statuts, limitant les blocages fréquents en indivision, tandis que la personnalité morale de la société permet de séparer clairement la gestion de l’immeuble des patrimoines personnels.

Quelles étapes suivre pour créer une SCI familiale ?

Rédaction des statuts

Critères de création de la société à respecter :

  • Deux associés minimums, personnes physiques ou morales. Aucune limite haute
  • Le capital social est libre : la loi permet un capital d’1 € symbolique, fixe ou variable.

Statuts : acte sous seing privé ou authentique si apport immobilier, qui doit comprendre :

  • La dénomination de la société
  • Le siège social de la société
  • L’objet social
  • La durée
  • Répartition des biens
  • Modalités de gérance

Publication de l’annonce légale

La création d’une SCI doit être publiée dans un journal d’annonces légales (JAL) habilité dans le département du siège social. L’attestation de parution est requise pour l’immatriculation.

Immatriculation de la SCI sur le Guichet unique INPI

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2023, toutes les créations se font exclusivement en ligne sur le portail formalites.entreprises.gouv.fr (guichet INPI). Pièces à joindre :

  • Statuts signés ;
  • Attestation de dépôt de capital ;
  • Attestation de parution JAL ;
  • Pièce d’identité et déclaration de non-condamnation du gérant ;
  • Justificatif de siège (bail, EDF, etc.).

La demande doit être faite dans le mois suivant la signature des statuts.

Réception de l’extrait Kbis et démarches post-création

Après validation, le greffe délivre l’extrait Kbis (identité juridique de la SCI) ; vous le recevez en ligne ou par courrier. Ouvrir un compte bancaire définitif au nom de la SCI avec le Kbis et débloquer le capital.

Quelles sont les limites d’une SCI familiale ?

Malgré ses nombreux atouts, la SCI familiale n’est pas exempte de contraintes. La première tient à la responsabilité illimitée : en cas de dettes, chaque associé répond sur son patrimoine personnel, proportionnellement à sa part, une règle qui peut peser lourd si la société connaît des difficultés financières.

Une fois créée, la société impose une gestion administrative permanente : tenue d’assemblées, dépôt des comptes si l’option à l’IS est choisie, tenue d’une comptabilité patrimoniale ou commerciale plus lourde que celle d’une simple indivision.

Ces obligations chronophages représentent un coût récurrent, surtout lorsque la famille opte pour l’impôt sur les sociétés afin d’amortir l’immeuble.

La dimension familiale peut, par ailleurs, devenir une source de tensions : divergences sur la stratégie locative, mésentente après un divorce ou volonté d’un associé de se retirer peuvent paralyser la gouvernance. L’exclusion d’un membre ou la valorisation de ses parts se révèle souvent plus complexe que la sortie d’une indivision.

A propos de l’auteur

Specialiste en gestion et finance pour TPE et PME. Dominique Geslin accompagne les dirigeants de petites entreprises dans leurs decisions financieres, comptables et managériales depuis plus de 10 ans. Fondateur de Comptanoo.