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L'été est aussi l'occasion pour les cadres et dirigeants de PME de prendre leurs distances avec le bureau…

Publié le 28/11/2013 - Modifié le 01/08/2013

L'été est aussi l'occasion pour les cadres et dirigeants de PME de prendre leurs distances avec le bureau…

Les Français font partie des travailleurs ayant droit aux congés parmi les plus généreux au monde. Avec 25 jours de congés, et 11 jours fériés par an, seuls de rares pays, comme Malte, le Royaume-Uni ou la Pologne, peuvent se targuer d'en offrir davantage.

Cela étant dit, il est intéressant de constater que les habitudes de vacances des cadres français ne font pas la part belle à la détente totale. Ils ont en effet du mal à décrocher réellement du travail pendant leurs vacances. Les raisons sont variées, allant de la culpabilité de laisser ses collègues avec ses dossiers, à l'inquiétude qu'une requête imprévue puisse survenir, jusqu'à la peur de s'ennuyer… Résultat, 35% des cadres déclarent qu'ils comptent passer entre 1 à 3h par jour à travailler pendant leurs congés, et 10% comptent même y passer plus de 3h par jour.

Pour comparaison, les cadres allemands sont 29% à prévoir de travailler entre 1 et 3h, et 7% plus de 3h. Comment expliquer ce décalage ?

Les Allemands bénéficient, eux, de seulement 29 jours de congés annuels au total, ce qui pourrait expliquer leur envie de faire une vraie coupure. Mais dans ce cas, pourquoi les anglais, avec leurs 38 jours de congés, sont-ils nettement moins à prévoir de travailler pendant leurs vacances ? Comme tant d'aspects de nos vies, nos habitudes de travail sont en partie culturelles. C'est ainsi qu'il n'est pas rare pour un cadre italien de passer une partie de ses vacances à rattraper le retard qu'il a accumulé. Courant également pour un travailleur japonais de ne pas prendre la moitié de ses 20 jours de congés, par loyauté pour son entreprise.

Attention, cet excès de zèle estival n'est pas nécessairement une bonne chose, contrairement à ce que beaucoup pourraient penser. En effet, prendre des congés et faire de bonnes coupures est très important, et ce à bien des égards. C'est avant tout une question de santé ! Il est important de prendre le temps de se détendre, retrouver ses proches et se déconnecter pleinement du travail, sinon c'est une baisse de moral et de productivité assurée, voire le « burnout » professionnel qui guette le « faux vacancier ».

Il y a plus zélé encore que les cadres : ce sont les dirigeants de PME. Parmi ces entrepreneurs, 53% prendront entre 1 et 3 semaines de vacances seulement. Pourtant, garants de la bonne marche de leurs entreprises, ils devraient prendre leurs congés au sérieux, pour le bien de leur activité.
 

- Partir en congé permet au dirigeant de se reposer, moralement et physiquement, et donc d'en revenir en meilleure forme, et plus efficace.

Par ailleurs, cela contribue au bon équilibre vie professionnelle, vie privée, dont nous connaissons tous l'importance.
Si le mauvais moral et le stress d'un manager sont communicatifs, son énergie et son enthousiasme le sont aussi !

- Ensuite, les congés sont une occasion de prendre du recul, de mieux appréhender la direction que prend son entreprise, et de détecter des opportunités innovantes pour la développer.

- Enfin, un aspect important, est la crainte des entrepreneurs d' « abandonner » leur entreprise à leurs collaborateurs. C'est au contraire une opportunité de renforcer l'entreprise. Les délégations, à mettre en place lors de départs en congés, aident à prendre conscience de la valeur et des compétences de chacun des collaborateurs, et à faire le nécessaire pour pallier à leur absence. Cette démarche diminue beaucoup les risques liés aux absences imprévues de collaborateurs clés, tels que le dirigeant. Par ailleurs, se voir « confier » l'entreprise par le dirigeant pendant ses congés, contribue à valoriser les collaborateurs et renforcer un climat de confiance et une bonne cohésion.

Bien entendu, il n'est pas toujours simple pour un entrepreneur de prendre des congés régulièrement, surtout dans les premières années d'activité de l'entreprise.
Ainsi, il ne sera pas rare pour les dirigeants de prendre des vacances « connectées », pendant lesquelles quelques heures par jour sont consacrées au travail, et pendant lesquelles le téléphone professionnel continue de sonner. Cela peut permettre de passer une semaine auprès de sa famille, tout en continuant à traiter ses mails professionnels, à participer à des conférences téléphoniques, et à gérer les éventuelles demandes urgentes des clients. Bref, en gardant la main sur son activité.

Il s'agit là d'un bon compromis, permettant à un dirigeant débordé de s'accorder un peu de repos avant d'aborder la rentrée, puis la dernière partie de l'année, si importante pour anticiper l'exercice suivant…