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Valorisation de la rentabilité d'une entreprise

Publié le 04/03/2015 - Modifié le 04/03/2015

Valorisation de la rentabilité d'une entreprise

La valorisation selon la méthode dite « de rentabilité » s'adresse plus particulièrement aux entreprises à partir de 5 salariés. Compléments d'explication.

Valorisation de la rentabilité : le principe

Le principe de cette méthode est de considérer ce qu'une entreprise vaut par sa rentabilité. La valorisation se fonde sur le résultat considéré comme typique de l'entreprise, en s'appuyant sur le passé et sur des projections de résultats futurs.

Pour actualiser le résultat de référence, la valorisation de rentabilité applique un taux T tenant compte du risque et des performances futures avant que ces indicateurs ne soient pas avérés.
Au global, cette méthode considère donc que la valeur d'une entreprise est égale à un certain nombre de fois ses résultats, ce qui permet de calculer un taux de rendement sur une durée.
Par exemple, un taux de rendement attendu de 20% par an est équivalent à un multiple de 5
(1/20% = 5).

Comment évaluer les résultats à intégrer ?

Le résultat à prendre en compte devrait être le cash-flow libre dégagé par l'entreprise, c'est-à-dire la trésorerie réellement libérable par un repreneur pour  rembourser une dette d'acquisition.
Dans la pratique, les professionnels de la valorisation s'appuient sur différentes données, appréciées à différents niveaux du compte de résultat et appelées Soldes intermédiaires de gestion :
l'Excédent Brut d'Exploitation (EBE) - l'Excédent Net d'Exploitation (ENE)- le Résultat Courant Avant Impôt (RCAI)- le Résultat Net (RN)- la Capacité d'autofinancement (CAF) ou cash-flow d'exploitation.

Selon ces constats, les professionnels appliquent des multiples qui déterminent la durée sur laquelle l'investisseur doit tabler pour récupérer sa mise initiale par les résultats, à partir de la formule :
Multiple de ENE  = Multiple de RN x (1 - taux d'IS)

Comment est intégré l'endettement de l'entreprise ?

Si l'entreprise a contracté des dettes financières hors dettes liées à l'exploitation (soit des emprunts, crédits et découverts auprès d'établissements bancaires), il existe deux cas de figure.
Si les Soldes Intermédiaires de Gestion observés intègrent déjà la présence d'une dette financière, la valeur calculée par l'application d'un multiple donne directement la valeur de la part revenant à l'actionnaire :
Valeur de la part des actionnaires = x fois (RCAI, RN ou CAF)

Si les Soldes Intermédiaires de Gestion observés sont indépendants de la structure financière et n'intègrent pas la présence d'une dette financière, la valeur calculée par l'application d'un multiple donne la valeur de l'entreprise indépendamment de sa structure financière et à déterminer la part revenant à l'actionnaire. La formule finale est alors :

Valeur de la part des actionnaires = x fois (EBE ou ENE) + trésorerie - dettes financières

Avantages et limites de cette méthode

La valeur obtenue est basée sur les performances économiques de l'entreprise et correspond dans ce sens à la logique d'un repreneur. D'autre par elle permet d'avoir une bonne vision de la dette d'acquisition et de son poids par rapport aux résultats futurs de l'entreprise.
Par contre, cette valorisation de rentabilité ne tient pas compte de la valeur du patrimoine, ce qui génére une survalorisation en s'éloignant de la valeur de l'actif net comptable. Il peut aussi y avoir une confusion entre les différents Soldes Intermédiaires de Gestion et les multiples pertinents.