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La formation en ligne : vraie-fausse innovation ?

Publié le 12/02/2017 - Modifié le 31/01/2017

La formation en ligne : vraie-fausse innovation ?

FLOT, MOOC, CLOM : l’un de ces sigles vous évoque sans doute quelque chose. Il s’agit de 3 manières différentes de désigner les formations en ligne ouvertes à tous.

Petit lexique pour mieux se comprendre

Un petit détour par wikipédia nous éclaire sur les sigles : « formation en ligne ouverte à tous (FLOT), aussi appelée cours en ligne ouvert et massif (CLOM), ou MOOC (massive open online course en anglais) ».

Comme souvent c’est le sigle anglais qui a pris le dessus, on parlera donc de MOOC pour suivre la tendance.

La caractéristique des MOOC est que les formations sont accessibles via Internet, que leur enseignement peut être suivi par un nombre indéfini et illimité de participants. Elèves et enseignants peuvent être dispersés aux 4 coins de la planète.
Au fil du temps, notamment depuis 2012, les MOOC ont suivi 2 types d’évolution : le cours traditionnel d’une part mais aussi une approche plus collaborative d’autre part, appelée « connectivisme » par les spécialistes.
Le premier courant dispense cours et exercices, avec contrôle de connaissances, le tout préparé par des enseignants suivant un programme.
Le deuxième courant s’appuie sur un modèle pédagogique co-construit par les participants, qui enrichissent les connaissances dispensées en agrégeant des contenus selon leur niveau d’expertise.
 

Véritable innovation ou leurre numérique ?

La question se pose dans la mesure où le paradoxe veut que, pour enrichir un MOOC, il faut s’appuyer au passage sur un mode d’enseignement en présentiel. Ce qui revient à mixer 2 modèles pédagogiques plutôt opposés.

Les observateurs avisés notent par ailleurs que l’objectif principal d’un MOOC n’est pas forcément l’amélioration de la qualité pédagogique, mais plutôt l’image et la notoriété de l’institution qui le diffuse.

Les initiateurs de MOOC consacrent ainsi 65% de leurs ressources au recrutement de participants, soit en regard 1/3 seulement de leur potentiel à l’innovation dans la formation dispensée.
 

Quid du modèle économique ?

En France, depuis 2014, le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche a fait une tentative de régulation en proposant une plateforme appelée FUN (France Université Numérique), bientôt suivi par la Conférence des grandes écoles, via l’association SILLAGES.info. 

En 3 ans l’offre de formation en MOOC a ainsi triplé au niveau français. Malgré ce développement de l’offre, le paradoxe de la rentabilité d’un MOOC subsiste car il s’appuie sur un modèle qui vise les économies d’échelle via un cours enregistré pour une population a priori sans limites, alors qu’il exige un investissement en temps et en matériel substantiel.
C’est pour cette raison que les MOOC se sont détournés d’un retour sur investissement par la fréquentation, préférant orienter leur marketing vers un gain de notoriété pour l’institution qui le propose.
Dès lors ne s’agit-il pas simplement d’un « recyclage » de l’enseignement traditionnel à travers un canal numérique, pour attirer vers le cursus classique proposé par les universités et grandes écoles ? 
 
Au final, la tendance qui se profile consiste à faire basculer le coût de l’éducation des étudiants vers les institutions académiques et les employeurs. Les MOOC proposent ainsi de plus en plus un mix combinant présentiel, distanciel et un accompagnement en « classes inversées » sous forme de coaching.
Alors innovation disruptive ou opportunisme liée aux possibilités du numérique ? La question reste ouverte.