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Délais, circuits urbains : enjeux logistiques du e-commerce

Publié le 21/06/2016 - Modifié le 21/06/2016

Délais, circuits urbains : enjeux logistiques du e-commerce

Délais respectés et modes de livraison vertueux en ville : la double problématique posée par le développement exponentiel du e-commerce.

Point sur la situation actuelle

 
Une enquête menée par la Fédération de la vente à distance (Fevad), portant sur la logistique du e-commerce en 2015, a dégagé des tendances sur les délais d’acheminement des commandes, en même temps qu’elle a soulevé des enjeux portant notamment sur la « problématique du dernier kilomètre ».
Sur le plan strict de la logistique, il ressort qu’entre la commande en ligne et la livraison, il faut en moyenne 5,3 jours calendaires au client pour recevoir son colis.
Derrière ce chiffre moyen se cache une disparité des délais qui va de 5 jours calendaires pour une livraison en point relais express, à 17 jours pour les objets les plus volumineux.
 

Quelques enseignements complémentaires

 
Entre l’expédition et la livraison, ce sont seulement 4% des colis qui sont livrés le jour-même de l’expédition. 60% sont livrés entre le jour-même et le lendemain, et 94% dans les deux jours après la commande. 
Entre la commande et l’expédition, les délais sont moins longs : 32% des colis sont expédiés le jour même de la commande, tandis que 88% le sont le jour même ou le lendemain, et 95% dans les deux jours après la commande. 
Au niveau de la réception client, 79% des livraisons aboutissent dès la première tentative.
En moyenne, la livraison prend 1,5 jour ouvré. La livraison en point relais express se fait en 1 jour tandis que celle de colis volumineux prend 5,9 jours. Les e-marchands qui expédient plus d’un million de colis par an sont les plus rapides : la livraison leur prend 1,4 jour, contre 3 jours pour les e-commerçants expédiant 50 000 colis par an.
 

A propos de la problématique du dernier km

 
Selon des chiffres publiés par France Stratégie à l’échelle nationale, la livraison urbaine utilise le cinquième du trafic motorisé et occupe le tiers de la voirie. Elle est à l'origine de plus du quart des émissions de gaz à effet de serre en ville. 
Des chiffres éloquents qui ont aussi une répercussion sur la chaîne de valeur : ces dernières années les coûts de livraison du dernier kilomètre se sont envolés et représentent près de 20% du coût total du transport des marchandises.
A l’encombrement urbain croissant se combine la complexité des circuits : ainsi, les tournées de messagerie express comportent, selon les secteurs géographiques, entre 40 et 80 positions avec un temps de conduite qui ne représente que le tiers de la durée totale des tournées. Aux aléas de circulation il faut aussi ajouter des difficultés de localisation et de reconnaissance des destinataires, entraînant une réorganisation quasi permanente des tournées.
 

Quelles sont les solutions qui se dessinent ?

 
Une fois de plus c’est une nouvelle forme « d’ubérisation » qui se dessine.
Une plateforme d’origine française bien qu’étant basée à Barcelone, propose à quiconque veut bien s’équiper d’un vélo, d’un smartphone avec l’application ad’hoc et d’un sac à dos, de s’inscrire en ligne pour effectuer des livraison. Le statut de ce bataillon de coursiers : auto-entrepreneur en large majorité. 
Le fonctionnement est le suivant : la plate-forme attribue automatiquement les courses sollicitées par les entreprises (commerces, restaurants, ...) à qui se trouve le plus près du point de retrait et qui peut livrer le plus vite, en fonction du mode de déplacement, de l'encombrement des colis ou de la distance à parcourir.
A Paris, Londres et Barcelone, où le service a été lancé simultanément, plusieurs milliers de livreurs indépendants se sont inscrits sur le site en quelques semaines.
 

Après le covoiturage, la logistique durable

 
De ce nouveau modèle économique, éventuellement discutable sur le plan social (statut des intervenants), il faut néanmoins retenir une amorce vertueuse, à savoir l’optimisation du trafic urbain.
De même que le covoiturage participe à l’amélioration du trafic interurbain, cette nouvelle forme de logistique va rendre plus « acceptable » le fait qu’en ville il circule 10 fois plus de marchandises que de personnes.
L’agglomération parisienne, consciente de l’enjeu, a lancé l’hiver dernier un appel d’offres qui a permis de retenir 22 solutions logistiques innovantes et durables (actuellement en cours de déploiement). 
Parmi ces projets, un opérateur connu qui va expérimenter un système de livraison avec des vélos électriques à partir d'un entrepôt logistique mobile. Une autre société se propose d’utiliser le transport fluvial pour livrer des matériaux lourds sur des points de déchargement le long de la Seine.
D'autres projets ciblent la rationalisation des tournées, les consignes automatiques, la mutualisation des flux ou de nouveaux modes de transport comme le biodiesel. 
Pour en savoir plus sur les 22 projets retenus : cliquez ici.