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La consommation collaborative, une nouvelle économie ?

Publié le 29/04/2016 - Modifié le 29/04/2016

La consommation collaborative, une nouvelle économie ?

Selon une étude récente, l’économie collaborative est passée du concept à une véritable force du marché, concernant toutes tailles d’entreprises. Focus.

Quelques repères en chiffres

 
Petite définition : est considérée comme collaborative, toute démarche de consommation ou d’usage d’un service (public ou privé) qui s’appuie sur un échange d’avis, de commentaires, d’opinion, de savoir faire, entre particuliers et en-dehors de la démarche commerciale d’un acteur économique.
Aujourd’hui, 89% des français déclarent avoir réalisé au moins une fois une pratique de consommation collaborative dans les 12 derniers mois.
 
Parmi les pratiques collaboratives les plus répandues, on trouve évidemment le partage d’expérience de consommateur à consommateur :
  • 59% des consommateurs déclarent s’appuyer sur des commentaires d’autres acheteurs avant de se décider,
  • 49% évaluent un produite ou un service via un site internet,
  • 24% fréquentent les plateformes d’échanges d’avis et de conseils,
  • 19% participent en tant que consommateur à l’élaboration d’un service.
 

Quels sont les produits et secteurs concernés ?

 
Financement, recrutement, logement, auto-partage, musique et vidéo en streaming sont les grands secteurs de cette nouvelle économie. 
Plus généralement, ce sont les secteurs de transaction (se loger, s’habiller, s’équiper, transporter, stocker) et les secteurs d’échanges de services (se déplacer, se faire aider, se nourrir, se divertir, se financer) qui rencontrent le plus de pratiques collaboratives.
La palme revenant aux transactions d’équipement (mobilier, bricolage, déco) qui concentrent 74% de pratiques collaboratives dans leurs transactions.
 

Quels sont les enjeux et perspectives ?

 
Selon une étude menée en 2015 par les cabinets TNS SOFRES et Nomadeis, pour le compte du PIPAME (Pôle interministériel de Prospective et d’Anticipation des Mutations économiques), certains secteurs, comme l’industrie du tourisme ou des transports, subissent pleinement la concurrence des plateformes collaboratives. 
Le rapport publié souligne que la crise financière de la fin des années 2007 à 2009, a favorisé l’émergence d’un questionnement citoyen sur les modes de production, de financement et de consommation actuels. Partant de là, « les pratiques visant à échanger et à partager des biens entre particuliers ainsi qu’à limiter les intermédiaires entre producteur et consommateur ont connu un engouement progressif ; donnant naissance à un ensemble d’initiatives rassemblées sous l’appellation de consommation collaborative ». 
Selon cette étude, il ne s’agit pas d’un effet de mode, mais d’une tendance de fond qui est vouée à se structurer et à se développer.
 

Quels sont les acteurs de l’économie collaborative ?

 
L’étude distingue trois principaux types de parties prenantes : 
  • les particuliers offreurs de biens/services et les particuliers consommateurs de ces biens/services ;
  • les acteurs économiques jouant le rôle d’intermédiaire entre les particuliers : on distingue des acteurs alternatifs ou «nouveaux entrants» (start-up, associations, plateformes internet ou physiques spécialisées dans la consommation collaborative) et des acteurs conventionnels (grands groupes, distributeurs, etc.) ; 
  • les pouvoirs publics.
Face à cette nouvelle concurrence, les acteurs conventionnels choisissent des stratégies à la fois offensives et défensives :
  • lancement d’une plateforme concurrente sur le secteur d’activité,
  • mise en place d’un partenariat avec un acteur alternatif,
  • développement d’offres diffusées spécifiquement par des acteurs alternatifs,
  • apport de savoir faire aux acteurs alternatifs,
  • lobbying auprès des Pouvoirs publics pour obtenir des garanties (ex. : confrontation des organisations professionnelles de taxis avec Uber ou négociations entre Airbnb, la ville de Paris et les hôteliers). 
 
Pour mieux appréhender le phénomène, vous pouvez accéder à l’étude du PIPAME, cliquez ici.