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Les PME face aux défis des « smart grid »

Publié le 14/10/2015 - Modifié le 14/10/2015

Les PME face aux défis des « smart grid »

Fer de lance d'un virage énergétique européen, les réseaux électriques intelligents « smart grid » pèsent un marché de 30 Milliards d'euros par an.

Définition et enjeux

La propension à emprunter nos vocables technologiques au vocabulaire anglo-saxon se retrouve ici, sauf qu'en l'occurrence aucune traduction littérale n'est possible.
Comme pour d'autres exemples connus, « smart » signifie intelligent au sens technologique c'est-à-dire avec une capacité de faire appel à des moyens informatiques pour transmettre des informations (comme nos chers smartphones).
« grid » ne propose par vraiment de traduction littérale, mais on peut retenir que le terme qualifie les réseaux électriques réputés être « intelligents ».
Ce qu'il est important d'appréhender par contre c'est l'intérêt stratégique de ces « smart grid ».
Partant du principe que l'énergie électrique a la caractéristique de ne pas pouvoir se stocker facilement de manière économique et en grande quantité, les technologies liées aux « smart grid » ont pour enjeu d'ajuster en temps réel la production et la distribution (offre et demande) de l'électricité, en hiérarchisant les besoins de consommation (quantité et localisation) selon leur urgence.

Contexte et applications

Augmentation de la consommation d'électricité due aux nouveaux usages, multiplication des producteurs en raison de la libéralisation du marché de l'électricité, intégration des énergies de sources renouvelables intermittentes : l'énergie électrique doit faire face à de profondes mutations. Dans le même temps, le système électrique doit continuer de répondre aux exigences de qualité de l'alimentation, d'équilibre offre-demande et de sûreté.
Ce contexte engendre des remises en question à plusieurs niveaux : la structure des réseaux physiques de transport et de distribution, le système de collecte des données et leur communication, les applications et services informatiques pour faire fonctionner « l'intelligence » des réseaux.
Les applications des technologies « smart grid » se retrouvent par conséquent dans des domaines variés que sont : la détection et la mesure, la communication de données, le contrôle avancé, les interfaces d'aide à la décision, le stockage centralisé ou diffus, etc.


Un marché à fort potentiel

Avec des investissements mondiaux estimés, à 30 Milliards d'euros par an, les potentiels d'activité sont porteurs pour les acteurs du secteur de l'énergie, mais pas seulement.
Un des enjeux majeurs est aussi de s'adapter aux modes de production privilégiant les énergies renouvelables et intermittentes, afin de les intégrer dans les réseaux de distribution existants. Un enjeu à mettre en perspective avec la Loi sur la transition énergétique adoptée en mars de cette année, et qui prévoit de porter en 2030 la part des énergies renouvelables à 32 % de notre consommation énergétique finale, soit environ 40 % de l'électricité produite, 38 % de la chaleur consommée et 15 % des carburants utilisés.
Ainsi les technologies liées aux « smart grid » trouveront des applications dans tous les domaines de la consommation domestique et professionnelle, mais aussi dans les nouveaux moyens de mobilité comme les infrastructures liées à l'expansion des véhicules électriques.

Un soutien affirmé des Pouvoir publics

Toutes les PME à même d'apporter des solutions techniques innovantes ont ainsi une carte à jouer.
Et les domaines d'application peuvent être variés : équipements de structure, capteurs, lignes électriques, compteurs « intelligents », logiciels de pilotage, logiciels de stockage et de restitution de données, …
Les PME concernées sont donc à la fois des sous-traitants potentiels pour les groupes producteurs et distributeurs d'énergie électrique, mais aussi des start-up du numérique.
En lançant la seconde phase de la Nouvelle France industrielle en mai dernier, le Ministre de l'économie a identifié les « smart grid » comme partie intégrante d'un des neuf marchés prioritaires, en l'occurrence, le Plan « Ville durable » (qui rassemble aussi les secteurs de l'eau, du bois, des déchets, de la construction et de la rénovation énergétique).
Les PME qui sauront se positionne sur ce domaine auront forcément accès à des aides publiques (qu'il faudra solliciter).

En résumé, les « smart grid » et plus largement le Plan « Ville durable » doivent générer 3 Milliards d'euros de Chiffre d'affaires en France et créer 10 000 emplois à l'horizon 2020. Dans ces chiffres, quelle part pour les PME ?