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La mondialisation des échanges commerciaux à bout de souffle ?

Publié le 30/09/2016 - Modifié le 30/09/2016

La mondialisation des échanges commerciaux à bout de souffle ?

Selon l’OMC et le FMI, les échanges internationaux augmentent désormais légèrement moins vite que la production des 189 économies nationales du globe.

Vers un changement profond de cap ?

« Depuis 2012 la croissance des échanges internationaux de biens et services est médiocre, autour de 3% l'an, deux fois moins que pendant les trois décennies précédentes » note le FMI, qui ajoute : « entre 1985 et 2007, le commerce mondial avait augmenté en moyenne deux fois plus vite que la production mondiale, alors que depuis quatre ans il a tout juste maintenu le rythme ».
De son côté, l’OMC prévoit pour 2016 une progression du commercial mondial de 1,7% à comparer avec une production mondiale qui augmenterait de 2,2 à 2,9%.

Les 2 entités internationales y voient l’amorce d’une « dé-mondialisation » des échanges.

 

La mondialisation a-t-elle atteint ses limites ?

Le FMI propose trois types d'explications à la baisse de régime du commerce mondial :

  • le ralentissement de la croissance économique mondiale ;
  • le coup d'arrêt dans les accords de libéralisation (à rapprocher sans doute du «gel» des négociations du «traité de partenariat transatlantique») ;
  • l'arrivée à maturité des chaînes internationales de production qui auraient épuisé leurs avantages.

Les experts du FMI constatent par ailleurs que ce sont les produits d’investissement des entreprises, couplés aux biens durables des ménages (comme l’automobile) qui ont les plus freiné les échanges mondiaux. De là à faire un rapprochement avec une récession de la croissance mondiale, il n’y a qu’un pas.
Le FMI note aussi que chute des prix des produits de base (pétrole et matières premières) a entraîné une contraction de 10,5% en 2015 de l'ensemble du commerce international en valeur. Il en a résulté des pertes de pouvoir d'achat considérables pour de nombreux pays et des milliards de consommateurs, et donc une réorientation de la demande aux dépens des biens durables devenus inaccessibles pour beaucoup.

 

Montée du protectionnisme et « supply chain »

Le FMI note que dans les années 1990 en moyenne 30 accords de libération commerciale entre pays étaient signés chaque année, contre à peine 10 par an depuis 2011.
Autre point mis en avant : le ralentissement des « supply chains », ces chaines transfrontalières de production, qui auraient atteint leur niveau de croisière. La tendance serait maintenant d’élargir le plus possible les filières de production nationales.
Il y aurait probablement à ajouter les conséquences de l’économie numérique et des coûts des télécommunications qui contribuent forcément à la baisse en valeur des échanges internationaux, mais ces données sont, pour l’heure, encore difficile à valoriser.

 

Faut-il se réjouir ou s’alarmer de ces constats ?

Le FMI, tout comme l’OMC, en fervents défenseurs du libre-échange, semblent tirer une sonnette d’alarme.
Pour autant, les tenants de la mondialisation se sont toujours accommodés avec le constat qu’une mondialisation des échanges faisait des gagnants et des perdants. Du coup, une économie où le « local » reprend une plus juste place, n’est-elle pas vecteur de développement (plus) durable, voire de progrès social à l’échelle des nations ?