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EN BREF...
La première étape franchie, le candidat à la reprise a une idée précise du type dentreprise quil souhaite reprendre : son secteur dactivité, sa localisation, sa taille, etc.
La prospection peut donc commencer !
Pour trouver une entreprise à reprendre, plusieurs solutions lui sont offertes :
activer son réseau familial, amical et professionnel,
sadresser aux intermédiaires de la reprise dentreprise,
consulter les bulletins dopportunité,
prospecter en direct les entreprises se situant dans le profil recherché.
Mais avant dattaquer cette seconde étape, il est important, pour le repreneur, davoir une réelle connaissance du marché de la reprise et de se situer par rapport aux autres repreneurs.
Le marché de la reprise
Le marché de la reprise, en tant que lieu de rencontre entre loffre et la demande, est loin dêtre aussi important que ce qui est généralement annoncé.
Si lâge des dirigeants peut laisser supposer quil y aura un potentiel de lordre de 700 000 entreprises à céder dans les dix prochaines années, il faut être conscient dun certain nombre de limites :
Beaucoup de ces entreprises seront transmises à un successeur "naturel", connu du chef dentreprise : un enfant, un salarié, une relation professionnelle, une autre entreprise, ...
Toute entreprise ayant un dirigeant sur le point de partir en retraite nest pas forcément "reprenable". Certaines son intimement liées au dirigeant, au point que leur fonds de commerce nest pas transmissible ; dautres peuvent être "vieillissantes" : carnets de commandes affaiblis, investissements non renouvelés, personnel qualifié en instance de départ ou déjà parti, etc.
Selon certains experts, 50 % de ces entreprises auraient ainsi perdu leur valeur marchande.
La grande majorité des entreprises à céder sont des très petites entreprises (TPE) comptant moins de 2 salariés.
En 2005, 80% des entreprises françaises comportaient moins de 5 salariés.
Les estimations sur le nombre dentreprises de plus de 5 salariés à céder chaque année vont de 1 500 à environ 5 000 selon les sources (ce dernier chiffre est probablement optimiste). Or, ce sont justement celles-là qui intéressent un grand nombre de repreneurs, et notamment ceux qui ont un profil de cadre quadragénaire ou quinquagénaire, ayant évolué professionnellement au sein de grosses PME ou de grandes entreprises. Les TPE ne correspondent que rarement à leurs attentes car elles nécessitent de leur part des changements de vie trop importants ou lacquisition de compétences métiers (artisanat).
Le marché de la reprise est par ailleurs difficile daccès
La première raison de cette difficulté daccès réside dans la confidentialité recherchée par le cédant, qui ne souhaite pas nécessairement informer son ou ses banquiers, ses clients ou ses collaborateurs, de ses projets de cession, par peur de fragiliser lentreprise.
De nombreux projets de cession peuvent être latents, non déclarés, faute pour le dirigeant dy avoir clairement réfléchi. Cela est notamment le cas pour les entreprises à potentiel de développement, car leur gestion laisse peu de temps au dirigeant pour réfléchir à sa transmission (et tant que tout va bien...).
Les entrepreneurs sont généralement réticents à lidée de passer la main et ne préparent pas suffisamment à lavance la transmission de leur entreprise.
Hormis pour les petites entreprises commerciales et artisanales, moins exposées aux difficultés liées à la confidentialité, il nexiste pas de marché organisé permettant un rapprochement global de loffre et de la demande.
Le marché de la reprise est également déséquilibré géographiquement. Les repreneurs sont concentrés dans les grandes agglomérations, alors que de nombreux fonds de commerce sont à céder en zones rurales.
Le repreneur ne doit pas sous-estimer le temps qui sera nécessaire à la prospection, notamment si sa recherche concerne des entreprises de plus de 10 salariés, pour lesquelles le marché est plus difficile daccès.
Il doit être conscient que de nombreux mois seront nécessaires (en moyenne 18 mois pour une PME).
Le repreneur doit prioritairement investir son temps dans la recherche, en activant les réseaux qui lui permettront de rencontrer le maximum dopportunités. Ce que les investisseurs professionnels appellent le "deal flow" (ou "flux dopportunités dinvestissement" si on devait le traduire en français), est une des clés de réussite dun projet de reprise.
Il devra soigner particulièrement sa lettre de motivation, qui constitue souvent le premier contact avec un intermédiaire ou avec une entreprise. Cette lettre doit exprimer sa motivation, la cohérence entre son expérience professionnelle et sa recherche, et son professionnalisme.
Il pourra alors utiliser les différentes filières existantes pour identifier des entreprises à céder.
Quelle que soit la méthode adoptée, il devra être très actif (les offres ne viendront pas à lui toutes seules), et très mobile (il sera amené à se déplacer fréquemment).
Principales méthodes :
Faire jouer ses relations familiales, amicales et professionnelles, en ne négligeant aucune occasion de parler de son projet.
Identifier et rencontrer des intermédiaires
Ces intermédiaires varient en fonction du type et de la taille dentreprise recherchée.
Les repreneurs de petites entreprises contacteront préférentiellement :
- les chambres de commerce et dindustrie,
- les chambres de métiers et de lartisanat,
- les fédérations professionnelles,
- les conseillers habituels de lentreprise : experts-comptables, avocats, notaires, assureurs, etc.
- les réseaux de la création et de la reprise dentreprise : boutiques de gestion, plates-formes dinitiatives locales, etc.
- les intermédiaires pour la vente de fonds de commerce.
Les repreneurs dentreprises moyennes sadresseront plutôt :
- aux clubs de repreneurs,
- aux cabinets de Conseil indépendants en fusion/acquisition nationaux, régionaux ou sectoriels,
- aux banques daffaires, structures spécialisées des banques commerciales ou dinvestissement
- aux conseillers habituels de grosses PME : experts-comptables, commissaires aux comptes, avocats daffaires, cabinets daudit, etc.
Consulter les bourses dopportunité existantes et les sites internet spécialisés
Les bourses dopportunité ont dabord été éditées sous format papier pour les marchés actifs du commerces et ont ensuite nettement profité du développement de linternet pour proposer une offre daffaires à céder de taille plus importante et dans dautres secteurs.
En volume, elles concernent surtout les cessions de TPE : fonds de commerce, entreprises artisanales, etc.
Les offres sont généralement classées par rubriques :
- cessions/reprises,
- brevets/licences,
- partenariats industriels et commerciaux,
- offres et demandes de participation, etc.
LAPCE a recensé un certain nombre de ces bulletins à diffusion nationale ou régionale. Vous les trouverez dans notre annuiare de liens ou à la page "les intermédiaires , la liste"
- Certains mettent gratuitement le repreneur en relation avec les cédants, dès lors quils ont réglé un droit forfaitaire dadhésion plutôt modique
- Dautres perçoivent des frais dannonce de la part du cédant.
- Dautres enfin perçoivent en sus un droit de mise en relation, modeste lorsquil est pris à lunité, mais qui réfrènera les ardeurs du repreneur.
Approcher directement des cédants potentiels, afin de surmonter le manque de transparence de ce marché
En effet, lorsque le profil de lentreprise à reprendre a été bien défini (étape 1), le repreneur peut repérer certaines entreprises correspondant à ce profil et agir en amont, avant même que les projets de cession soient déclarés :
- soit en mandatant un intermédiaire spécialisé,
- soit en agissant en direct.
Les structures de capital-investissement, mode demploi : ces structures, indépendantes ou adossées à des établissements bancaires ou à des compagnies dassurance, utilisent une large part des capitaux quelles mobilisent pour prendre la majorité du capital dans des opérations de transmission dentreprise de bonne taille : les MBO, LMBO, OBO, MBI, BIMBO, LBU, sigles dorigine anglo-saxonne.
Elles privilégient toutefois majoritairement des opérations dans lesquelles léquipe de direction reste en place, totalement (MBO, OBO) ou partiellement (BIMBO), et ne réalisent que rarement des opérations aux côtés déquipes nouvelles (MBI), considérées comme trois fois plus risquées.
Ceci ne veut pas dire quil ne faut pas sadresser à elles, dautant plus que beaucoup de dossiers leur sont présentés. Mais dans ce cas le repreneur doit respecter certaines règles :
valider soigneusement son projet (y compris auprès de personnes quil pourra utiliser comme référents),
sélectionner les structures positionnées sur des tailles de société correspondant à son projet (Guide des sociétés de capital investissement, revues spécialisées, sites internet de ces structures, conférences),
sinformer sur le processus de reprise,
chercher un point dentrée personnel dans une structure via son réseau,
rencontrer brièvement une personne de cette structure pour lui faire part de son projet (expérience professionnelle, secteurs industriels connus, recherche actuelle, réseaux de recherche activés),
ne rien attendre en retour,
maintenir régulièrement le contact, notamment en évoquant les dossiers reçus par le repreneur et susceptibles de les intéresser.
Avec un peu de chance, un dossier que le repreneur leur présentera les intéressera, ce qui en facilitera le financement, car la structure de capital-investissement aura eu le temps de se familiariser avec le repreneur et de lapprécier. Ou encore elle pensera à lui lors de la réception dun dossier nécessitant le remplacement ou laccompagnement du dirigeant.
Même sans méthode, le repreneur peut rapidement trouver quelques pistes, ne serait-ce que par le biais des bulletins dopportunité ou les petites annonces spécialisées.
A ce stade, son objectif ne doit pas être la sélection dun ou de plusieurs dossiers mais bien lélimination du plus grand nombre dentre eux, voire de tous. Il est tentant de garder "du grain à moudre" sous forme de dossiers en cours détude, mais le temps est compté et lanalyse dun dossier peut être du gaspillage.
Comment gérer la réponse aux apporteurs de dossiers ?
Vite ! la rapidité est la première règle de crédibilité : si le dossier présenté est manifestement aux antipodes de sa recherche, le repreneur doit le dire dans les meilleurs délais à son interlocuteur, qui lui saura gré de ne pas lui faire perdre son temps.
En expliquant ses raisons : cest la deuxième règle de crédibilité. Le repreneur va ainsi rassurer son interlocuteur sur la rigueur de sa démarche et sur sa détermination, voire se légitimer au point de donner envie à lintermédiaire de lui présenter dautres dossiers. Cest souvent ainsi, après parfois quelques "tests", que lintermédiaire présentera le "bon" dossier, rassuré sur le fait que le repreneur répond vite et de façon pertinente
Sur quels critères éliminer ?
Le premier critère pour éliminer un dossier réside essentiellement dans le projet personnel du repreneur. Dans quelle mesure le dossier quil a en main le rapproche-t-il de son objectif ? Comparer systématiquement le profil de la cible présentée avec le profil de sa recherche peut constituer pour le repreneur une bonne grille danalyse qui lui permet de passer en revue de quelle manière une cible répond à son attente.
Les critères économiques sont secondaires (à ce stade) et variables dun repreneur à lautre. Après avoir pris connaissance des informations disponibles, le repreneur devra toutefois identifier les points sur lesquels il souhaite éventuellement des informations supplémentaires avant dengager du temps de façon significative.
Il serait dommage de passer sa journée dans un déplacement pour un rendez-vous dune ou deux heures à lautre bout de la France, alors quune information sur la nature de la clientèle ou sur lurgence de la cession aurait permis de léviter...et de se concentrer sur la génération dautres dossiers.
Quelle est létape suivant cette première sélection ?
La rencontre avec le cédant, si possible sur les lieux de lentreprise et pendant un jour de forte activité, est le moyen le plus rapide de progresser dans la compréhension dun dossier. Il sera ainsi possible pour le repreneur de se faire une idée du climat interne, du degré durgence de la cession envisagée, des motivations profondes du cédant. Il cherchera à se projeter dans laffaire et sentir si elle est faite pour lui.
Cela peut prendre un peu de temps et se faire en plusieurs étapes, le cédant étant maître du calendrier et du rythme. Le repreneur ne doit pas sen formaliser outre mesure tout en montrant quil est lui-même occupé sur dautres opportunités et que le temps passe... Le jeu de la négociation commence au premier coup de téléphone.
Ce premier rendez-vous avec le cédant est primordial pour la suite : le repreneur doit garder à lesprit que son objectif est dabord de ne pas se faire éliminer par le cédant au profit de repreneurs concurrents. Le processus de reprise mobilise du temps du cédant, qui est aussi absorbé par la gestion quotidienne de lentreprise. Il ne peut donc gérer les discussions avec de nombreux candidats, sauf à avoir pris un conseil spécifique (conseil en fusion-acquisition, négociateur immobilier ou de fonds de commerce, etc.).
Le second objectif du repreneur doit être de sassurer quil ne détecte pas de barrière évidente à lopération (secteur sans intérêt pour lui, nature de la clientèle, volonté peu crédible de céder son affaire manifestée par le cédant, personnel-clé sur le départ, etc.). Si cest le cas, il gagnera en crédibilité auprès de ses interlocuteurs en renonçant à poursuivre ses contacts suffisamment tôt.
Le plan de prospection doit ainsi déboucher sur létude de quelques affaires, pour lesquelles un diagnostic plus complet aura du sens par rapport aux objectifs du repreneur et au temps dont il dispose.
Tous ces points font lobjet de fiches détaillées et
doutils pratiques accessibles dans le menu situé en haut et à gauche de lécran.
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