
EN BREF...
Lanalyse économique de lentreprise a pour but de :
dégager les points forts et les points faibles de lentreprise choisie, compte tenu de son environnement,
fonder lévaluation de lentreprise et largumentation qui sera utilisée lors de la négociation,
préciser les actions prioritaires à mener, en exploitant les points forts et en trouvant des remèdes aux points faibles,
vérifier la cohérence entre lentreprise convoitée et le projet personnel du repreneur.
Ce travail consiste, après avoir réuni les documents nécessaires (cf. récapitulatif Commerce/Artisanat" et récapitulatif PME), à procéder à plusieurs diagnostics :
un diagnostic des moyens de lentreprise,
un diagnostic de son activité,
un diagnostic financier,
un diagnostic humain,
un diagnostic juridique.
Le repreneur effectuera enfin une synthèse de cette analyse qui lui permettra de mettre en évidence :
les points forts, les points faibles et les points rédhibitoires du projet,
ses potentialités, nouveaux marchés et perspectives damélioration.
Le diagnostic des moyens
Quels sont les moyens et outils professionnels dont dispose lentreprise pour exercer son activité ?
Quels sont les nouveaux moyens quil faudra mettre en oeuvre pour développer lentreprise conformément aux attentes du repreneur ? Quel budget faudra-t-il prévoir ?
Si le repreneur nest pas lui-même un bon connaisseur de cette dimension technique de lentreprise, il devra savoir sattacher les compétences dun professionnel plus aguerri.
La démarche à suivre est la suivante :
Analyser limmobilier et limplantation de lentreprise : pour certaines activités, et tout particulièrement pour les commerces de proximité, ce point est capital. Il faudra par exemple sinterroger sur :
- lemplacement,
- les possibilités de stationnement,
- létat des locaux et les travaux à prévoir,
- les possibilités dextension, de stockage, ...
- les projets durbanisme à long terme et de travaux à court terme de la commune,
- etc.
Analyser le matériel, les installations et équipements de lentreprise : ce sont les outils de travail de lentreprise, qui lui permettront de réaliser ses objectifs. Il conviendra donc de :
- contrôler létat de linstallation électrique, des machines chères,
- sinformer de leur mode de financement, notamment pour isoler les biens acquis en crédit-bail et location financière,
- vérifier la conformité aux normes applicables (hygiène, sécurité).
Analyser les stocks de lentreprise sous deux angles :
- Le montant des stocks représente autant dargent à mobiliser pour son financement, sous une forme ou sous une autre (fonds propres, crédit fournisseur, crédit bancaire). Il est donc important de vérifier sils sont au "bon niveau" et dapprécier déventuelles fluctuations importantes au cours de lannée (typiques dans le commerce).
- Le prix payé pour lentreprise inclut généralement les stocks. Il est donc normal den vérifier la valeur, notamment en identifiant les références du stock qui "tourne" peu ou qui est obsolète. Un bon critère consiste à identifier le chiffre daffaires réalisé référence par référence (lorsque cest possible) et den déduire le temps nécessaire pour lécouler.
Dans les transactions de fonds de commerces, les stocks sont valorisés à part . Il faut penser :
- à le faire de façon contradictoire,
- à valoriser les éléments qui le composent en tenant compte du prix que lon pense réellement en tirer puis en en déduisant une valeur "magasin" (prise en compte de la TVA et application dun multiple classique), sans prendre en considération leur valeur historique (comptable).
Analyser lorganisation de la gestion et de la production et surtout de la vente : le repreneur doit avoir une vision très précise du "qui fait quoi", qui assure la gestion de lentreprise, qui traite des achats, qui produit, qui gère les problèmes informatiques, qui est en relation avec le personnel, et surtout qui génère le chiffre daffaires en sus du chef dentreprise (salariés, représentants multi-cartes, distributeurs, etc.)
Analyser les autres moyens de lentreprise : marques, brevets, licences, ...
Etablir une synthèse de ce diagnostic pour évaluer lensemble des moyens et identifier les causes de "manque de moyens".
Prévoir les actions correctives, les investissements à réaliser et le calendrier de ces investissements : immédiatement, sous quelques mois ou dans deux à trois ans.
Le diagnostic de lactivité
Quel est le potentiel du marché sur lequel évolue lentreprise ?
Quel est le potentiel de lentreprise ?
Est-elle compétitive ?
Trouver des réponses à ces questions est indispensable pour mesurer lopportunité de reprendre ou non lentreprise.
La démarche à suivre est la suivante :
Evaluer le marché de lentreprise, cest à dire lenvironnement dans lequel évolue lentreprise, où se rencontrent loffre et la demande (lentreprise, ses concurrents et la clientèle). Sagit-il dun marché en pleine expansion, dun marché vieillissant ? Y-a-t-il des risques de nouveaux entrants ? Y-a-t-il des risques dévolutions règlementaires majeurs ?
Etudier le chiffre daffaires, son évolution, sa répartition par client et par produit sur plusieurs années : il est fondamental de mesurer le degré de concentration de la clientèle, sa fidélité et le rythme de son renouvellement. Cest un critère majeur dévaluation dune affaire par les banques : il doit bien y avoir une raison à cela...
Comparer les résultats de lentreprise avec les indicateurs économique du marché et avec les objectifs commerciaux que sétait fixés lentreprise.
Analyser les produits ou services proposés, en identifiant notamment les produits phares, ceux qui se vendent bien et contribuent fortement à la marge bénéficiaire.
Analyser les prix, pour vérifier sils se situent au bon niveau. Comprendre la façon dont ils ont été fixés permet de trouver des solutions souvent simples en cas de prix jugés trop élevés.
Analyser les réseaux de distribution, leur performance et leur coût : sont-ils bien adaptés à la clientèle ciblée et aux contraintes de lentreprise ?
Analyser la force de vente (sil en existe une) : cest très important surtout si lentreprise est petite. Un mauvais vendeur, ou une force de vente inadaptée représente un risque très important pour une entreprise.
Identifier les actions de communication et de promotion mises en oeuvre par lentreprise et en mesurer le retour sur investissement, si cela est possible.
Etablir une synthèse de ce diagnostic pour évaluer les points forts et les points faibles de lentreprise ainsi que les opportunités et menaces du marché.
Prévoir les actions correctives.
Le diagnostic financier
Lactivité de lentreprise durant les dernières années a-t-elle donné toute satisfaction ? Lentreprise est-elle rentable ? Doù provient sa rentabilité ? Pourra-t-elle assurer un revenu au repreneur correspondant à ses aspirations ? Pourra-t-elle supporter les charges de remboursement de crédit découlant de son rachat ? Ce sont des questions fondamentales auxquelles le repreneur devra répondre en effectuant un diagnostic financier complet.
Ce diagnostic doit lui permettre davoir lintime conviction que lentreprise, sur la base des performances financières passées, peut faire lobjet dun plan de reprise réaliste.
La démarche à suivre est la suivante :
Examiner la rentabilité de lentreprise sur les trois dernières années (voire plus sil sagit dune PME/PMI).
Le repreneur va comparer lévolution des ventes (ou de la production) à lévolution des différents postes de charges.
Sil constate quun poste de charges a eu une progression supérieure au chiffre daffaires, il devra en rechercher les raisons et définir les moyens dy remédier. Lanalyse détaillée du chiffre daffaires réalisée lors du diagnostic de lactivité servira à identifier les produits/clients/services qui sont les gros contributeurs de rentabilité.
Analyser le "point mort prévisionnel", qui correspond au chiffre daffaires à réaliser pour que lentreprise équilibre ses charges avec ses profits.
Analyser le besoin en fonds de roulement (BFR), qui représente un élément très important pour le repreneur car :
- il se traduit, au quotidien, par des besoins de trésorerie auxquels lentreprise doit pouvoir faire face,
- il représente un besoin de financement que les banquiers naiment généralement pas financer...
Le BFR correspond à largent dont lentreprise doit disposer en permanence pour que lactivité courante puisse être assumée normalement. Par exemple, si lentreprise accorde des délais de paiement à ses client, elle doit pouvoir financer ce crédit.
Effectuer une analyse financière empirique, en procédant à un examen critique de différents points en lien direct avec la santé financière de lentreprise.
Cette approche consiste, pour le repreneur, à se poser des questions de bon sens :
- Quel est le niveau réel de revenus du dirigeant (et des membres de sa famille qui travaillent avec lui) généré par lentreprise ?
- Comment lactivité est-elle financée ? Le recours au crédit bancaire ou au crédit fournissseurs est-il raisonnable ?
- Le dirigeant est-il le financeur indirect de son entreprise ?
- Comment les investissements ont-ils été financés ?
- etc.
Comparer les ratios avec ceux de la profession.
Etablir une synthèse de ce diagnostic pour bien cerner la rentabilité de lentreprise et son évolution au cours des dernières années et pour porter un jugement sur sa pérennité et sa solvabilité.
Prévoir les actions correctives.
Le diagnostic humain
Le départ du ou des dirigeants actuels risque-t-il de mettre en péril le fonctionnement à venir de lentreprise ? Les salariés-clés de lentreprise, détenteurs du savoir-faire ou de relations importantes, suivront-ils le repreneur ? Ne risquent-t-ils pas de partir et de créer leur propre activité concurrente ? Seront-ils prêts à changer leurs habitudes pour sadapter à une nouvelle organisation, à de nouveaux objectifs ? Certains salariés sont-ils proches de la retraite ? Quel est le niveau des rémunérations ?
Ce diagnostic humain est très important. Il porte sur deux éléments :
La personnalité et le professionnalisme du cédant : le bon fonctionnement (et la bonne santé) de lentreprise repose-t-il sur ses épaules ? Quelles sont ses motivations, son savoir-faire, son charisme ? Quels sont les risques liés à son départ ? Sera-t-il prêt à appuyer le repreneur pendant la phase de "prise en mains" de lentreprise ?
Les salariés de lentreprise : quel est le rôle et le niveau de responsabilités de chaque salarié ? Existe-t-il des écarts entre lorganisation prévue de lentreprise (définie dans lorganigramme, dans les définitions de fonctions, les contrats de travail, ...) et lorganisation réelle ? Quelle est la situation de chaque collaborateur (ancienneté, parcours antérieur, savoir-faire, avantages acquis, etc.)
Le repreneur doit être conscient quen reprenant lentreprise, il reprend également les contrats de travail. Il sagit dune règle dordre public (article L122-12 al 2 du code du travail) à laquelle il est impossible de déroger.
Cf interview dElisabeth Lacroix et de Jacques Varoclier à ce sujet.
Le diagnostic juridique
La reprise dune entreprise entraîne automatiquement le transfert des éléments nécessaires à lexercice de lactivité, y compris ses contrats. Les aspects juridiques sont omniprésents et touchent toutes les fonctions de lentreprise. Le non respect de certaines obligations peut avoir des conséquences graves pour lentreprise. Le diagnostic juridique est donc un exercice très important, mais délicat à réaliser. Même sil est recommandé au repreneur de prendre par lui même connaissance des contrats et des clauses essentielles, lassistance dun conseil est souvent recommandé.
Le diagnostic portera, en dehors des contrats de travail (cf ci-dessus), sur :
Les contrats de location, et notamment le bail de lentreprise : sa durée, le montant et les conditions de paiement et de réévaluation du loyer, les obligations contractuelles en matière de travaux, la destination des lieux, les conditions dexercice de lactivité et les modalités de cession.
Les contrats dassurances: contrats en cours, sinistres survenus, risques non couverts, ... Il est recommandé dutiliser le document intitulé "Reprise dentreprise : le point sur les assurances", réalisé par la Fédération française des sociétés dassurance (FFSA).
La règlementation de lactivité : respect des conditions dexercice, demande dautorisations à renouveler ou à reconduire, label, norme, ...
Les titres de propriété du matériel, des immeubles, des brevets, des marques... Le repreneur devra notamment vérifier que les biens immobiliers ne sont pas grevés de servitudes.
Les contrats conclus avec les clients, fournisseurs, sous-traitants et notamment leurs conditions de résiliation ou de renégociation,...
Les difficultés, litiges et procès en cours ou prévisibles, en évaluant leurs conséquences pécuniaires, ...
Les obligations sociales et fiscales : sont-elles bien remplies ? Y a-t-il des risques de redressements fiscaux ? A quelle date a eu lieu le dernier contrôle fiscal ?
Les avals, cautions et garanties données par lentreprise, et par le dirigeant.
Les conditions bancaires et les contrats des crédits en cours
Et, sil sagit dune société, lorganisation juridique de la structure, les conditions de cession des titres sociaux, dagrément de nouvel actionnaire ou porteur de part, ou daugmentation de capital.
Tous ces points font lobjet de fiches détaillées et
doutils pratiques accessibles dans le menu situé en haut et à gauche de lécran.
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