Les étapes de la création d'entreprise - 7 - Choisir un statut juridique
| Publiée le 18/02/2008 |
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EN BREF...
Cette étape consiste à adapter au projet de création dentreprise, un cadre juridique qui lui permettra de voir le jour en toute légalité. Quelle que soit lactivité qui sera exercée, industrielle, commerciale, artisanale, ou libérale, le choix dune forme juridique se fera entre :
demander son immatriculation en tant quentrepreneur individuel,
ou créer une société.
En choisissant lentreprise individuelle
Lentreprise et lentrepreneur ne forment quune seule et même personne. Il en résulte :
Une grande liberté daction : lentrepreneur est le seul maître à bord et na de comptes à rendre à personne. La notion d abus de bien social nexiste pas dans lentreprise individuelle.
En contrepartie, les patrimoines professionnel et personnel sont juridiquement confondus. Lentrepreneur est responsable des dettes de lentreprise sur lensemble de ses biens y compris ceux quil a acquis avec son conjoint, sil est marié sous le régime légal de la communauté réduite aux acquêts.
Il est toutefois désormais possible disoler son habitation principale des poursuites des créanciers en procédant à une déclaration dinsaisissabilité devant notaire, publiée au bureau des hypothèques et selon les cas, au Registre du commerce et des sociétés, au Répertoire des métiers ou dans un journal dannonces légales.
Lentreprise porte officiellement le patronyme de son dirigeant, auquel il est possible dadjoindre un nom commercial.
Les bénéfices de lentreprise seront portés dans la déclaration des revenus de lentrepreneur, dans la catégorie correspondant à son activité : Bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ou Bénéfices non commerciaux (BNC).
Les formalités de création de lentreprise sont réduites au minimum. Il suffit de demander son immatriculation, en tant que personne physique, auprès du centre de formalités des entreprises situé à la chambre de commerce et dindustrie pour les commerçants, à la chambre de métiers et de lartisanat pour les artisans, au Greffe du tribunal de commerce pour les agents commerciaux et à lUrssaf pour les professions libérales.
Ces formalités peuvent aujourdhui être effectuées en ligne.
En choisissant la société
Créer une société revient à donner naissance à une nouvelle personne, juridiquement distincte du ou des associés fondateurs. Par conséquent :
Lentreprise dispose de son propre patrimoine. En cas de difficultés de lentreprise, en labsence de fautes de gestion graves qui pourraient être reprochées aux dirigeants, les biens personnels de ces derniers (et naturellement des associés) seront à labri de laction des créanciers de lentreprise, à lexception de la société en nom collectif dans laquelle chaque associé est solidairement et indéfiniment responsable avec la société.
Lutilisation des biens de la société à des fins personnelles peut entraîner des poursuites au titre de l"abus de biens sociaux".
Sagissant dune "nouvelle personne", la société a un nom (dénomination sociale), un domicile (siège social) et dispose dun minimum dapports constituant son patrimoine initial pour faire face à ses premiers investissements et premières dépenses (capital social).
Le dirigeant désigné pour représenter la société vis à vis des tiers nagit pas pour son propre compte, mais au nom et pour le compte dune personne morale distincte. Il doit donc respecter un certain formalisme lorsquil est amené à prendre des décisions importantes. De même, il doit périodiquement rendre des comptes aux associés sur sa gestion.
Au niveau fiscal, la société peut être imposée personnellement au titre de limpôt sur les sociétés (IS) soit de plein droit, soit sur option.
La création de la société donne lieu à des formalités complémentaires : rédaction et enregistrement des statuts auprès du service des impôts, nomination du ou des dirigeants, parution dune annonce dans un journal dannonces légales.
Le choix dune structure repose sur les critères suivants
La nature de lactivité
Certaines activités - elles sont rares - imposent le choix de la structure juridique. Cest par exemple le cas des débits de tabac qui doivent obligatoirement être exploités en entreprise individuelle ou en Société en nom collectif. Il est donc prudent de se renseigner au préalable auprès des organismes professionnels concernés, des chambres consulaires ou en se procurant des fiches ou ouvrages sur lactivité choisie.
La volonté de sassocier
On peut être tenté de créer une société à plusieurs pour des raisons diverses : patrimoniales, économiques, fiscales ou encore sociales.
Mais si lon na pas, au départ, la volonté réelle de sassocier, de mettre en commun ses compétences, connaissances, carnet dadresses... "pour le meilleurs et pour le pire", les chances de réussite seront considérablement amoindries.
Certains professionnels souhaitent être "seul maître à bord" et ne supportent pas davoir des comptes à rendre.
Mieux vaut alors rester indépendant, en entreprise individuelle ou EURL par exemple, quitte à sassocier avec dautres pour ne partager que certaines charges et ainsi réaliser des économies : cest le cas de la Société civile de moyen (SCM) ou du Groupement dintérêt économique (GIE) par exemple, dans lesquels chaque associé reste indépendant au niveau de lexercice de son activité professionnelle.
Lorganisation patrimoniale
Lorsque lon a un patrimoine personnel à protéger et/ou à transmettre, le choix de la structure juridique prend toute son importance.
Constituer une société permet de différencier son patrimoine personnel de celui de lentreprise et donc de protéger ses biens personnels de laction des créanciers de lentreprise.
Il convient cependant de préciser trois points :
- Le rempart juridique, que constitue une société, sera différent dune structure à une autre. En effet, dans une Société en nom collectif (SNC), par exemple, chaque associé est solidairement et indéfiniment responsable avec la société. En cas de difficultés financières, si les biens de la société ne suffisent pas à désintéresser les créanciers, ceux-ci pourront faire saisir les biens dun ou de plusieurs associés, à charge pour ces derniers de se faire rembourser en partie par ses co-associés.
- Quelle que soit le type de société choisi, le ou les dirigeants (de droit ou de fait) sont garants de la bonne gestion de lentreprise à légard de leurs associés et des tiers. Si ces derniers sont en mesure de prouver quils ont commis des fautes de gestion se révélant être à lorigine des difficultés financières de lentreprise, ils pourront rechercher leur responsabilité et intenter à leur encontre une action en comblement de passif.
- Enfin, dès linstant où la société demandera un concours bancaire, il sera probable que la caution de certains dirigeants ou associés sera exigée.
Les besoins financiers
Les besoins financiers ont été déterminés lors de létablissement des comptes prévisionnels.
Lorsquils sont importants, la création dune société de type SA ou SAS peut simposer pour pouvoir accueillir des investisseurs dans le capital.
Attention cependant à ne pas confondre "capital minimum" et "besoins financiers de lentreprise". En effet, certaines sociétés imposent un capital social minimum, qui na naturellement aucun rapport avec les besoins financiers réels de lentreprise.
Le fonctionnement de lentreprise
Selon la structure choisie, les règles de fonctionnement seront plus ou moins contraignantes.
Dans lentreprise individuelle, le dirigeant est seul. De ce fait, les règles de fonctionnement sont réduites au minimum. Il prend toutes les décisions et engage en contrepartie sa responsabilité.
Dans les sociétés, le dirigeant nagit pas pour son propre compte, mais au nom et pour le compte de la société. Il doit donc observer un certain formalisme et requérir lautorisation de ses associés pour tous les actes importants qui touchent la vie de lentreprise.
Le régime social de lentrepreneur
Ce critère a longtemps été déterminant dans le choix de la structure juridique. En effet, certains créateurs nhésitaient pas à constituer des sociétés fictives pour être rattachés, en tant que dirigeant, au régime général des salariés.
La législation a aujourdhui largement évolué vers une harmonisation des statuts et le régime des salariés nest plus aujourdhui la panacée.
Cependant le régime social demeure un critère à prendre en compte dans certains cas particuliers et notamment lorsque le créateur a cotisé pendant de nombreuses années dans un régime de retraite complémentaire de cadres.
Le régime fiscal de lentrepreneur et de lentreprise
Selon le type de structure choisi, les bénéfices de lentreprise seront assujettis à limpôt sur le revenu ou à limpôt sur les sociétés. Là encore, ce critère sera rarement déterminant en phase de création. En effet, il est difficile dévaluer précisément le chiffre daffaires prévisionnel de la future entreprise et deffectuer ainsi une optimisation fiscale réaliste.
Néanmoins, si lentreprise peut bénéficier dune mesure dexonération dimpôts sur les bénéfices, se placer sous le régime de limpôt sur le revenu sera plus avantageux. En effet, lexonération portera alors sur lintégralité des bénéfices, rémunération du ou des dirigeants comprise.
La crédibilité vis-à-vis des partenaires (banquiers, clients, fournisseurs...)
Il est indéniable que pour approcher certains marchés, la création de lentreprise sous forme de société avec un capital conséquent sera recommandée.
Le créateur devra prendre en considération ces différents critères, en évitant de faire reposer son choix sur un seul dentre-eux.
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