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Circuits courts et commerce de proximité, quel lien ?

Publié le 12/12/2016 - Modifié le 13/12/2016

Circuits courts et commerce de proximité, quel lien ?

La question est osée car les initiatives de circuits courts sont jusqu’ici plutôt des projets à l’initiative de producteurs régionaux. Pourtant …

Le contexte est en train de bouger

 
Il y a d’abord en France la Loi sur la transition énergétique pour la croissance verte adoptée fin 2015 qui fixe parmi ses priorités une économie dite « circulaire », axée sur une production raisonnée, une consommation responsable, une moindre production de déchets, et in fine la lutte contre les gaspillages.
Parmi ceux-ci, le gaspillage alimentaire est particulièrement mis à l’index et a fait l’objet cette année d’une large campagne de sensibilisation menée par l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie).
Par ailleurs la vision d’un commerce déclaré « équitable », à l’origine pensé comme un outil de développement des économies du Sud, est en train de bouger.
Progressivement émerge l’idée d’un commerce équitable local ou de proximité (certains parlent de commerce équitable « Nord-Nord »), associant ce type de relation avec des circuits courts. 
 

Des points de convergence émergent

 
Les circuits courts sont en majorité des initiatives orientées « consommation durable », qui visent à emprunter le chemin le plus direct entre producteur et consommateur : marchés à la ferme, marchés locaux et magasins de producteurs connaissent un regain d’intérêt ou un développement nouveau depuis les années 2000.
Depuis 2009, avec le « Plan Barnier » sous l’égide du Ministère de l’agriculture, les circuits courts ont une reconnaissance « officielle », de laquelle ils ont aussi hérité une définition : « Un circuit court est un mode de commercialisation de produits agricoles qui s'exerce soit par la vente directe du producteur au consommateur, soit par la vente indirecte à condition qu'il n'y ait qu'un seul intermédiaire ».
La dernière partie de la définition est particulièrement intéressante car elle laisse la place à une complémentarité entre producteur local et commerçant de proximité.
 

Une idée de la qualité et du lien social à partager

 
Il n’est pas si utopique d’imaginer qu’un restaurateur traditionnel, un boucher-charcutier, un magasin de primeurs, une épicerie ou supérette de quartier, … ne puissent se retrouver sur des valeurs communes où le respect mutuel et la qualité des relations avec le producteur est aussi importante que la qualité des produits ou la qualité du lien de proximité créé avec le client final.
C’est d’autant moins une utopie qu’en 2013 une enquête de l’INC (Institut national de la consommation) a révélé que les consommateurs qui fréquentent les circuits courts, privilégient à 60% les producteurs sur le marché, puis à 34% les petits commerçants, les autres formes de circuit court arrivant assez loin derrière.
 

Equitable et local

 
C’est en raccourci l’attente forte exprimée par les consommateurs, particulièrement en attente d’informations sur l’origine géographique du produit (96%), son mode de production (93%), et le prix payé au producteur (84%).
Par ailleurs, 51% des consommateurs interrogés sont « en total accord avec les valeurs » véhiculées par leur point de vente.
Outre l’acte d’achat, il apparaît clairement que le consommateur a besoin de sentir son implication sociétale à travers ses choix de mode de consommation. Et au-delà du caractère local, le choix du circuit court représente aussi une quête de sens et de valeurs.
 
Au total, les ingrédients sont réunis pour que producteurs et commerçants locaux puissent tirer leur épingle du jeu de cette nouvelle « économie équitable et locale ».
Reste à savoir comment les synergies peuvent se mettre en place pour concilier les intérêts des différents intervenants. 
Pour l’instant les organismes consulaires (CCI, CMA, Chambres d’agriculture) ne semblent pas (encore) avoir pris la mesure de ces opportunités. Place aux initiatives locales ?
 
Pour voir (ou revoir) la campagne de l’ADEME sur le gaspillage alimentaire, c’est ici.
 


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