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Abandon de poste : une notion à manier avec beaucoup de prudence

| Publié le 15/05/2008 |

En effet, l'expression est aussi fréquente qu'imprécise. Un salarié n'est pas venu au travail, s'est absenté plusieurs fois sans explications valables ou s'est tout simplement volatilisé un ou plusieurs jours, et voilà l'abandon de poste clamé par l'employeur excédé qui saute sur le motif pour se séparer d'un salarié difficile ou devenu carrément impossible à gérer.

Gare ! L'abandon de poste répond à une définition précise et ne peut pas être confondu avec une absence, même répétée :
L'abandon de poste, c'est la situation du salarié qui, de sa propre initiative et sans autorisation, cesse d'exercer ses fonctions ou refuse de rejoindre l'affectation qui lui a été attribuée par l'employeur.

Tout est naturellement important dans le rappel de cette définition de base mais l'attention doit être particulièrement portée sur le terme "cesse". Et il faudra que cette condition soit remplie sans contestation possible pour pouvoir utiliser l'expression et donc la qualification de faute grave, qui constitue alors une cause réelle et sérieuse de licenciement.
A contrario, une ou même plusieurs absences ne sont pas suffisantes pour constater cette cessation. D'abord le salarié peut, dans certaines conditions, décider de se "retirer" de sa situation de travail. En cas de danger grave et imminent, c'est en effet un droit ouvert à tous …. Et qu'il faut bien sûr ensuite justifier - mais cela est un autre débat- et l'employeur ne peut, lorsqu'il est invoqué, parler sans abus "d'abandon de poste." De la même manière, des absences non autorisées peuvent être requalifiées comme légitimes (urgences familiales notamment) si l'employeur les invoque pour mettre à pied ou licencier et que le salarié porte la contestation devant le Conseil de Prud'hommes.
Dans tous les cas, en effet, la qualification de "faute grave" liée à l'absence ou aux absences sera, en cas de contestation, examinée par ce Conseil avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur les droits aux indemnités de préavis, à l'inscription au chômage ou au contraire au paiement d'indemnités au salarié.


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