C'est en effet ce qu'ils souhaitent majoritairement si l'on en croit le résultat d'un sondage réalisé par ViaVoice pour l'Assemblée des Chambres de Commerce et d'Industrie, le cabinet Grant Thorton ainsi que Les Échos.
Ils sont effectivement près de 75 % à déclarer souhaiter y revenir, faisant ainsi écho aux propos tenus à la fois à gauche par Manuel Valls comme à droite par le secrétaire général de l'UMP Jean François Copé. Ils confirment ainsi, également, les déclarations de janvier dernier sur ce sujet faites par le Medef suite à l'étude de son cabinet Rexecode.
Le sondage révèle, au-delà des arguments économiques, la persistance d'une autre motivation de la part des employeurs : la promotion de « la valeur travail », que les
35 heures seraient accusées d'amoindrir.
Ce n'est pas pour autant que l'affaire est entendue. En effet, il y a d'une part les salariés qui sont très majoritairement favorables au maintien de la durée légale hebdomadaire à
35 heures. Côté entreprise même, particulièrement parmi les plus grosses qui ont réussi à tirer un bon parti de la réduction du temps de travail grâce à la flexibilité négociée en contrepartie, on n'est pas du tout chaud pour rejouer un nouveau round. En effet, il faudrait de nouveau négocier ... avec de nouvelles contreparties et tous les risques de remise en cause sur celles qu'on a pu obtenir dans les négociations précédentes.
Il faut également compter sur la remise en cause inéluctable des avantages compensatoires obtenus par les entreprises. Cela concerne les exonérations en obtenues lors du passage aux 35 heures et les aménagements au temps de travail qui ont suivi.
Rien que sur l'aspect financier, cela représente environ 22 milliards d'€ au bénéfice des caisses des entreprises chaque année. Au-delà, il faut également mettre dans la balance la souplesse obtenue sur les
heures supplémentaires ainsi que les défiscalisations qui l'ont accompagnée.
C'est d'ailleurs un appel général à la prudence que vient de lancer la CGPME sur le sujet en disant clairement "qu'un simple retour en arrière …au risque du retour en arrière également des allégements de charges obtenues" était irréaliste et dangereux. Ajoutant même que cela reviendrait à renchérir brutalement le coût du travail avec de nouveaux licenciements à la clé.
Il convient d'ajouter que depuis ces déclarations, l'INSEE a fait savoir que les chiffres fournis à Rexecode pour son étude étaient erronés et qu'une fois vérifiées, les comparaisons de coût de travail, notamment entre la France et l'Allemagne, était quasiment au même niveau, au centime d'euro près.