Le RSA déjà critiqué
| Publiée le 08/09/2008 |
Le projet de loi sur le revenu de solidarité active (RSA) a été présenté hier en Conseil des ministres.
Le gouvernement va devoir aller vite puisqu'il souhaite une application du nouveau dispositif dès juillet 2009.
" L'objectif du RSA, rappelle Libération, est " de permettre à 100 000 personnes Rmistes de trouver un emploi dans les 18 premiers mois, et à terme à 1,5 million de personnes de passer au-dessus du seuil de pauvreté ".
Mais déjà des critiques se font jour quant à l'efficacité de l'instrument pour favoriser le retour au travail de personnes qui sont exclues du marché du travail.
Le risque d'accroitre le temps partiel
La principale critique tient au risque de développer davantage encore le travail à temps partiel.
Les Echos s'interrogent.
" On peut craindre (...) que l'employeur trouve son compte à cette situation et ne fasse aucun effort d'offres d'emploi à plein temps.
Au pire on peut même imaginer que le RSA constitue une source de développement de petits jobs précaires à temps très partiel ".
Pour André Zylberberg, économiste et directeur de recherche au CNRS, interrogé par Le Point.fr, pas de doute, " cela favorisera sûrement le recours au temps partiel par les employeurs ".
" En rendant le temps partiel plus attractif, le RSA va encourager la précarité " conclut Libération.
Un marché du travail à deux vitesses
Autre interrogation : le RSA peut-il atteindre son objectif d'insertion ?
Les Echos en doutent.
" (...) A supposer qu'une personne au RMI trouve un travail à temps partiel et bénéficie ainsi du RSA, comment la dynamique de retour au travail se poursuivra-t-elle ?
On peut craindre que le travailleur concerné, devant la nette amélioration de sa situation, ne cherche pas à sortir de ce système mixte travail-assistance ".
Même crainte pour Serge Paugam, directeur d'études à l'EHESS qui craint que " le RSA participe à un mode généralisé de mise au travail des plus pauvres dans les segments les plus dégradés du marché du travail ".
Il redoute une " institutionnalisation par les pouvoirs publics d'un sous-salariat déguisé " (Mediapart).
Surtout qu'il n'est pas sûr que " des emplois correspondant aux qualifications de ces personnes existent " redoutent Les Echos.
L'absence de mesures d'accompagnement
Le risque d'une insertion entravée tient également à l'absence de mesures d'accompagnement.
Selon Les Echos, " le RMI a été un échec car l'accompagnement individuel susceptible de favoriser l'insertion n'a jamais pu être développé à un niveau suffisant par les services sociaux ".
Il prédit le même sort au RSA...
Source : ActuEL-RH.fr - Édition du 4 septembre 2008
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