Smic : un rapport mort-né
| Publiée le 29/07/2008 |
" Un rapport officiel veut casser le salaire minimum ". C'est en ces termes fracassants que Mediapart.fr annonçait, dès le 2 juillet, la parution d'un rapport du conseil d'analyse économique (CAE) consacré au salaire minimum et aux bas revenus.
Le SMIC réduirait l'intérêt de la négociation collective.Il est vrai que les trois économistes auteurs de ce rapport dressent, comme le note Les Echos.fr, un " tableau très critique du Smic ". Ils estiment que la fixation, par voie légale, de manière uniforme, d'un Smic qui couvre une proportion importante de salariés, " déresponsabilise les partenaires sociaux en réduisant l'espace conventionnel et l'intérêt de la négociation collective ". Les auteurs considèrent en outre que le salaire minimum " n'est pas un instrument efficace de lutte contre les inégalités ". Au contraire, il défavorise les jeunes " condamnés à une double peine : le salaire minimum contribue à les exclure de l'emploi plus que leurs ainés et leur inégibilité au RMI jusqu'à l'âge de 25 ans limite leurs ressources..."
Intégrer les revalorisations du SMIC à la loi de financesPour les auteurs, la question du Smic ne doit pas être séparée de celle des minima sociaux. Ils préconisent de " fixer conjointement le salaire minimum et les minima sociaux dans le cadre de la loi de finances ". Cette revalorisation en début d'année permettrait aux branches de fixer à leur tour les salaires conventionnels en intégrant le niveau du Smic.
Il n'y aurait plus d'augmentation en juillet. L'augmentation automatique du Smic en lien avec l'augmentation du pouvoir d'achat du salaire horaire ouvrier serait supprimée, ainsi que les " coups de pouce " décidés par le gouvernement, qui, rappelle le rapport, " ont représenté environ 60 % de la hausse du pouvoir d'achat du Smic " entre 1971 et 2002.
La seule augmentation automatique du Smic qui pourrait subsister serait celle qui est actuellement prévue par les textes lorsque l'augmentation de l'indice des prix dépasse 2 % en cours d'année.
Le rapport " mis au pilori "Des propositions qui ont peu de chance d'être retenues, selon Libération.fr qui souligne avec une certaine cruauté que le premier ministre n'ayant pu le recevoir officiellement, il a été remis à Martin Hirsch, Haut commissaire aux solidarités actives et à Eric Besson " 21e membre du gouvernement dans l'ordre protocolaire ". Une véritable " mise au pilori " du rapport, " trop libéral pour Matignon ".
De fait, le projet de loi examiné ce jeudi en Conseil des ministres sur le même sujet, outre qu'il ne tient pas compte du rapport, conserve quasiment à l'identique les règles de revalorisation du Smic.
Défense du revenu de solidarité activeOn peut cependant compter sur Martin Hirsch pour tirer parti du rapport, qui " tombe à point nommé pour le RSA " selon Le Monde.fr. En effet, remarque Le Figaro.fr , " les auteurs, apportant un plein appui au RSA... préconisent d'unifier la prime pour l'emploi, le RMI, l'allocation de parent isolé et les dispositifs actuels d'intéressement à la reprise d'activité, de façon que les prestations soient liées à l'activité et non au revenu, et poussent au travail ".
Source : ActuEL-RH.fr - Édition du vendredi 25 juillet 2008
|
ActuEL-RH.fr est un quotidien d'information RH édité par les Editions Législatives. Il traite sur un angle très opérationnel les problématiques juridiques, sociales et managériales des DRH et de leurs conseils.
Pour essayer gratuitement ActuEL-RH.fr pendant 2 semaines, cliquez ici.
|
Vous souhaitez réagir à cet article ?