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Transmission d'entreprises : les patrons pas vraiment enthousiastes

| Publiée le 06/06/2008 |

C'est une étude de KPMG réalisée avec l'aide du MINEFI (Ministère de l'Économie et des Finances) qui le met en évidence. Alors que 700 000 entreprises doivent être transmises dans les 10 ans, avec plus d'un million d'emplois à la clé, la proportion des cessions, dans le cadre familial est en France parmi les plus faibles d'Europe. Qu'on en juge : 6 % chez nous contre 58 % en Allemagne et 72 % en Italie par exemple.
Plus de la moitié des entrepreneurs français interrogés dans l'étude refusent d'assister à des conférences sur la transmission de peur d'y être vus et de risquer de mettre l'entreprise en péril. Cette confidentialité excessive freine la préparation à la transmission. Les sites internet spécialisés dans la mise en relation sont également très peu consultés par les chefs d'entreprise. Au final, seulement 44 % des dirigeants interrogés ont planifié la transmission de leur entreprise.
Les raisons :
•    D'abord une réticence psychologique : transmettre son entreprise, c'est une petite mort. On recule le plus possible et en plus on exige vraiment l'héritier parfait…d'où une préparation insuffisante, alors que c'est une phase délicate à organiser, nécessitant l'aide de spécialistes financiers et juristes notamment.
•    Les difficultés de financement sont aussi nombreuses. Les banques françaises sont trop frileuses, selon les experts interrogés, lorsqu'il s'agit d'accorder un financement aux repreneurs, surtout lorsqu'il s'agit de personnes physiques. C'est ainsi que 30 % des récents repreneurs interrogés disent avoir connu des difficultés pour trouver un financement. Si la mise en place d'OSEO (organisme public de financement et d'accompagnement des PME) a permis d'améliorer la situation depuis quelques années grâce aux garanties qu'il fournit aux établissements financiers, cela reste encore insuffisant.
•    Cependant, l'élément qui apparaît le plus handicapant s'avère être la fiscalité. Les entrepreneurs français la jugent trop lourde, trop complexe et trop changeante. Les experts interrogés estiment que des lois récentes facilitent la transmission mais qu'elles sont si complexes qu'elles nécessitent le recours à un spécialiste pour les comprendre. Les trois attentes principales portent sur l'allègement de la fiscalité sur les donations ou les successions, la réduction des impôts sur les plus-values et surtout, la clarification des règles fiscales. 

Au final, l'étude conclut qu'il est crucial que l'entreprise prépare sa transmission pour qu'elle puisse être opérationnelle…. à tout moment et que, côté repreneurs, on favorise les reprises par des proches (héritiers, salariés, ….) pour préserver ses valeurs existantes.

Source : www.journaldunet.com

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