Représentativité : les syndicats font leurs comptes
| Publiée le 22/04/2008 |
FO rend officiellement sa décision aujourd'hui, la CGT mercredi, la CFTC et la CGC jeudi et la CFDT le 23 avril.
FO hostile
Pour l'heure, seule FO s'est désolidarisée du texte de la position commune qu'elle ne devrait pas signer. « Nous en discutons lundi mais je ne crois pas que nous serons signataires », a déclaré son leader Jean-Claude Mailly.
« Ce n'est pas un accord qui améliore le droit syndical, mais qui retire du droit syndical(...) ça va changer les relations sociales », a-t-il critiqué.
FO reproche en particulier que l'audience des syndicats soit mesurée lors des élections professionnelles dans les entreprises et non lors des élections prud'homales.
Le gouvernement espère 3 signatures
Logiquement, la CFDT et la CGT devraient parapher le texte, lequel a été rebaptisé position commune en fin de négociation pour complaire à la centrale de Bernard Thibault, révèlent Les Echos.
La CFTC et la CGC sont les deux organisations qui ont le plus à perdre avec cet accord. L'abaissement de 10% à 8 % du seuil d'audience à partir duquel un syndicat peut être reconnu représentatif au niveau d'une branche est clairement destiné à faciliter leur signature.
Seule certitude, plus le nombre de signataires sera important, plus Xavier Bertrand s'appuiera sur la position commune pour rédiger le futur projet de loi.
Les nouveaux syndicats déçus
Unsa, Sud et la FSU, trois organisations syndicales qui cherchent à s'implanter dans le privé, sont déçues.
Elles attendaient de cette négociation la reconnaissance de leur représentativité au niveau national.
Ce n'est pas le cas.
« Cet accord est un petit arrangement entre amis ; il n'aboutit pas à l'égalité entre organisations, déplore un dirigeant de Sud cité par La Voix du Nord.
Ce seuil de 10 % a été établi pour permettre à certaines confédérations de préserver leurs positions actuelles.
La représentativité syndicale sera jugée sur sept critères au lieu des cinq actuels, qui deviennent en plus cumulatifs ! ».
Alain Olive, secrétaire général de l'Unsa, dénonce dans Le Point « une véritable usine à gaz.
La légitimité de l'accord est plus que douteuse.
On discute sur des règles taillées sur mesure dans l'intérêt de trois organisations.
C'est une négociation de marchands de tapis. L'intérêt général n'est pas pris en compte ».
L'UPA ne signera pas côté patronal
Côté patronal, l'UPA n'est pas satisfaite.
« Cet accord exclut 92% des entreprises françaises, le secteur artisanal que nous représentons », peste Pierre Martin, président de l'UPA qui ne signera pas la position commune.
Il s'en est expliqué dans une interview accordée au journal Le Monde.
« Nous avions la possibilité, dans le cadre de cette négociation, de faire reconnaître l'accord sur le dialogue social conclu entre l'UPA et les cinq syndicats, le 12 décembre 2001.
Cela n'a pas été le cas parce que le Medef, et en particulier l'UIMM, la fédération du bâtiment et la CGPME s'y sont opposées.
Cela fait sept ans que nous sommes confrontés à une obstruction systématique.
Nous avons gagné toutes les batailles judiciaires, y compris la dernière, le 7 décembre 2007 avec la Cour de cassation.
Nous attendons du gouvernement qu'il prenne ses responsabilités».
Source : ActuEL-RH.fr - Édition du 14 avril 2008
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