1 salarié sur 4 est victime de discrimination
| Publiée le 25/02/2008 |
C'est le constant de la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Égalité) qui rejoint une étude de Vigéo (Agence de notation sociale européenne) pour le compte du BIT (Bureau International du Travail).
Cette étude porte sur 562 entreprises européenne de 18 secteurs d'activité.
L'apport de la HALDE est, quant à elle, basé sur un sondage sur un échantillon de 1000 personnes.
Pour la HALDE, un salarié du privé sur quatre déclare ainsi avoir été victime au moins une fois de discrimination.
Celle-ci revêt différents formes : handicap, âge, sexe, religion, orientation sexuelle, nationalité, grossesse, opinion politique, etc.
Parmi les critères les plus manifestes, reviennent principalement citons le handicap, l'âge (+ de 45 ans), l'origine étrangère et l'appartenance syndicale.
Dans les firmes de plus de 5000 personnes, la proportion des victimes monte même à 31%.
Soit presque 1 sur 3.
A contrario, parmi les entreprises ayant signé un accord en faveur de l'égalité, elle tombe à 17%.
Généralement, la discrimination émane du n+1 mais aussi de la direction elle-même (40% des cas).
Autre indication forte : si la majorité des sondés estime que la lutte contre les discriminations est une affaire collective, 57% des salariés d'entreprises ayant pourtant signé un accord en faveur de l'égalité préfèrent cependant se taire lorsqu'ils en sont eux-mêmes victimes.
Pour l'ensemble des travailleurs du privé, la proportion tombe aux alentours de 40%.
Dans l'étude Vigeo, le processus de non-discrimination est aussi aveugle pour 32% des firmes consultées.
En clair, personne, aucun service dédié n'est affecté à la politique de non-discrimination.
Plus inquiétant encore, selon l'étude Vigéo/BIT, bien que la non-discrimination soit brandie comme l'une des valeurs de l'entreprise dans 89% des cas, elle n'est appliquée que dans 11% des cas.
Et 60% des sociétés qui se fixent un programme en la matière se bornent à de l'information et de l'affichage.
Un grand écart qui semble renvoyer les bonnes pratiques au rang d'opérations de communication.
On retrouve d'ailleurs ce même sentiment dans l'enquête de la HALDE.
Louis Schweitzer, Président de la Halde, qui vient d'accepter par ailleurs de présider le conseil de surveillance du Monde, ne cache pas sa déception en constatant que l'accord interprofessionnel de fin 2006 entre patronat et syndicats n'est toujours pas effectif, faute de décrets d'application.
Pour lui, "C'est d'autant plus désolant que les deux parties n'ont pas d'intérêts contradictoires".
Sources : www.halde.fr et www.vigeo.com
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