Les étapes de la création d'entreprise - 7 - Choisir un statut juridique
| Publiée le 10/12/2008 |
Dossier réalisé par l'
APCE
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EN BREF...
Cette étape consiste à adapter à votre projet de création dentreprise, un cadre juridique qui lui permettra de voir le jour en toute légalité.
Le choix nest pas aussi compliqué quon le pense... Quelle que soit votre activité, vous devrez opter :
- pour lentreprise individuelle (EI),
- ou pour la création dune société.
Pour vous aider, lAPCE a mis à votre disposition une application très simple qui vous guidera vers la formule la mieux adaptée à votre cas.
En choisissant lentreprise individuelle...
Vous ne formerez, avec votre entreprise, quune seule et même personne.
Vous aurez donc une grande liberté daction : vous serez seul maître à bord et naurez de "comptes à rendre" à personne. En effet, la notion dabus de bien sociaux nexiste pas dans lentreprise individuelle.
En contrepartie, vos patrimoines professionnel et personnel seront juridiquement confondus. Vous serez responsable des dettes de votre entreprise sur lensemble de vos biens, y compris sur ceux acquis avec votre conjoint, si vous êtes marié sous le régime légal de la communauté réduite aux acquêts.
Heureusement, la loi vous permet de mettre à labri vos biens fonciers (et notamment votre maison ou votre appartement familial) en procédant à une déclaration dinsaisissabilité devant notaire, publiée au bureau des hypothèques et selon les cas, au registre du commerce et des sociétés, au répertoire des métiers ou dans un journal dannonces légales.
Lentreprise portera officiellement votre nom patronyme. Mais vous pouvez naturellement adjoindre un nom commercial.
Exemple : Entreprise Jean Durand, Atelier des étoiles.
Les bénéfices de votre entreprise devront être portés dans votre déclaration personnelle de revenus, dans la catégorie correspondant à votre activité : bénéfices industriels et commerciaux (BIC), ou bénéfices non commerciaux (BNC)... Ils seront donc soumis à limpôt sur le revenu.
Il est Impossible dopter pour limpôt sur les sociétés lorsque lon crée une entreprise individuelle !
Votre régime social sera celui des indépendants (travailleurs non salariés), géré par le RSI (Régime social des indépendants). En prenant des assurances facultatives complémentaires, vous obtiendrez, à coût équivalent, une protection identique (voire meilleure) que celle des salariés. En savoir plus
Les formalités de création de votre entreprise seront réduites au minimum. Il suffira de demander votre immatriculation, en tant que personne physique, auprès du centre de formalités des entreprises situé :
- à la chambre de commerce et dindustrie pour les commerçants,
- à la chambre de métiers et de lartisanat pour les artisans,
- au greffe du tribunal de commerce pour les agents commerciaux,
- et à lUrssaf pour les professions libérales.
Ces formalités peuvent aujourdhui être effectuées en ligne. Pour plus de précisions, reportez-vous à létape 8 : les formalités de création.
Si votre conjoint travaille avec vous, il devra opter entre le statut de conjoint salarié ou de conjoint collaborateur. En savoir plus
Vous pourrez naturellement, comme tout entrepreneur, recruter un ou plusieurs salariés, soit dès le démarrage de lentreprise, soit au stade de son développement.
Cest dans vos projets? Visitez alors lespace "nouveau chef dentreprise" du site de lAPCE, rubrique recruter du personnel. Vous y trouverez de nombreuses informations utiles.
Nouveau ! Le statut dauto-entrepreneur : si vous envisagez de créer une petite activité (à titre principal ou complémentaire), vous pourrez bénéficier, à compter de janvier 2009 de formalités de création allégées et dun statut social et fiscal simplifié.
Lauto-entrepreneur est avant tout un entrepreneur individuel. Il ne sagit pas dun statut juridique en tant que tel.
En choisissant la société...
Vous donnerez naissance à une nouvelle personne (personne morale), distincte de vous juridiquement. Par conséquent :
Votre entreprise disposera de son propre patrimoine. En cas de difficultés (et si vous navez pas commis de fautes de gestions graves en tant que dirigeant de droit ou de fait) vos biens personnels seront à labri de laction des créanciers de lentreprise.
Attention toutefois ! Dans certaines formes de société (comme la SNC par exemple), les associés sont solidairement et indéfiniment responsables avec la société. Consultez le tableau comparant les différents types de sociétés
Si vous utilisez les biens de votre société à des fins personnelles, vous pourrez être poursuivi au titre de labus de biens sociaux.
Sagissant dune "nouvelle personne", la société aura un nom (dénomination sociale), un domicile (siège social) et devra disposer dun minimum dapports constituant son patrimoine initial pour faire face à ses premiers investissements et premières dépenses (capital social).
En tant que dirigeant désigné pour représenter la société vis à vis des tiers, vous nagirez pas "pour votre compte", mais "au nom et pour le compte" dune autre personne. Vous devrez donc respecter un certain formalisme lorsque vous devrez prendre des décisions importantes. De même, vous devrez périodiquement rendre des comptes à vos coassociés sur votre gestion.
Au niveau fiscal, la société pourra être imposée personnellement au titre de limpôt sur les sociétés (IS), soit de plein droit, soit sur option. En savoir plus
Votre statut social dépendra de la structure juridique choisie. Si vous êtes gérant majoritaire de SARL ou associé unique dune EURL, vous serez rattaché au régime des indépendants. Dans les autres cas, vous dépendrez du régime général des salariés. En savoir plus
La création de votre société donnera lieu à des formalités complémentaires : rédaction et enregistrement des statuts auprès du service des impôts, nomination du ou des dirigeants, parution dune annonce dans un journal dannonces légales. Se reporter à létape 8 : les formalités de création
Si votre conjoint travaille avec vous, il devra choisir un statut : associé, gérant, salarié ou collaborateur. En savoir plus
Le choix dune structure repose généralement sur les critères suivants
La nature de lactivité
Certaines activités - elles sont rares - imposent le choix de la structure juridique. Cest par exemple le cas des débits de tabac qui doivent obligatoirement être exploités en entreprise individuelle ou en société en nom collectif. Il est donc prudent de vous renseigner au préalable auprès des organismes professionnels concernés, des chambres consulaires ou en vous procurant des fiches ou ouvrages sur lactivité choisie.
Vous pouvez également consulter la rubrique Informations sectorielles du site ou vous procurer la fiche professionnelle de lAPCE correspondant à votre activité.
La volonté de sassocier
On peut être tenté de créer une société à plusieurs pour des raisons diverses : patrimoniales, économiques, fiscales ou encore sociales.
Mais si lon na pas, au départ, la volonté réelle de sassocier, de mettre en commun ses compétences, connaissances, carnet dadresses... "pour le meilleur et pour le pire", les chances de réussite seront considérablement amoindries.
Si vous souhaitez être "seul maître à bord" et si vous ne supportez pas davoir des comptes à rendre... Mieux vaut alors rester indépendant, en entreprise individuelle ou en EURL par exemple, quitte à vous associer avec dautres pour ne partager que certaines charges et ainsi réaliser des économies : cest le cas de la Société civile de moyen (SCM) ou du Groupement dintérêt économique (GIE) par exemple, dans lesquels chaque associé reste indépendant au niveau de lexercice de son activité professionnelle.
Lorganisation patrimoniale
Si vous avez un patrimoine personnel à protéger et/ou à transmettre, le choix de la structure juridique prend toute son importance.
Aujourdhui, lentrepreneur individuel peut protéger ses biens immobiliers en effectuant une déclaration dinsaisissabilité devant notaire. Cest une bonne chose, mais souvent assez coûteuse. Renseignez-vous auprès de votre notaire !
Constituer une société permet, quant à elle, de différencier son patrimoine personnel de celui de lentreprise et donc de protéger ses biens personnels de laction des créanciers de lentreprise.
Il convient cependant de préciser trois points :
le rempart juridique, que constitue une société, sera différent dune structure à une autre. En effet, dans une Société en nom collectif (SNC), par exemple, chaque associé est solidairement et indéfiniment responsable avec la société. En cas de difficultés financières, si les biens de la société ne suffisent pas à désintéresser les créanciers, ceux-ci pourront faire saisir les biens dun ou de plusieurs associés, à charge pour ces derniers de se faire rembourser en partie par ses coassociés,
quelle que soit le type de société choisi, le ou les dirigeants (de droit ou de fait) sont garants de la bonne gestion de lentreprise à légard de leurs associés et des tiers. Si ces derniers sont en mesure de prouver quils ont commis des fautes de gestion se révélant être à lorigine des difficultés financières de lentreprise, ils pourront rechercher leur responsabilité et intenter à leur encontre une action en comblement de passif,
enfin, dès linstant où la société demandera un concours bancaire, il sera probable que la caution de certains dirigeants ou associés sera exigée.
Les besoins financiers
Vous avez normalement déterminé les besoins financiers de votre entreprise lors de létablissement des comptes prévisionnels.
Lorsquils sont importants, la création dune société de type SA ou SAS peut simposer pour pouvoir accueillir des investisseurs dans le capital.
Attention cependant à ne pas confondre "capital minimum" et "besoins financiers de lentreprise". En effet, certaines sociétés imposent un capital social minimum, qui na naturellement aucun rapport avec les besoins financiers réels de lentreprise.
Le fonctionnement de lentreprise
Selon la structure que vous choisirez, les règles de fonctionnement seront plus ou moins contraignantes.
Dans lentreprise individuelle, le dirigeant est seul. De ce fait, les règles de fonctionnement sont réduites au minimum. Il prend toutes les décisions et engage en contrepartie sa responsabilité.
Dans les sociétés, le dirigeant nagit pas pour son propre compte, mais "au nom et pour le compte" de la société. Il doit donc observer un certain formalisme et obtenir lautorisation de ses associés pour tous les actes importants qui touchent la vie de lentreprise.
Le régime social de lentrepreneur
Ce critère a longtemps été déterminant dans le choix de la structure juridique. En effet, certains créateurs nhésitaient pas à constituer des sociétés fictives pour être rattachés, en tant que dirigeant, au régime général des salariés.
La législation a aujourdhui largement évolué vers une harmonisation des statuts et le régime des salariés nest plus aujourdhui la "panacée".
Cependant le régime social demeure un critère à prendre en compte dans certains cas particuliers. Notamment si vous avez cotisé pendant de nombreuses années dans un régime de retraite complémentaire de cadres... Renseignez-vous auprès de votre caisse de retraite.
En savoir plus sur le statut social du dirigeant
Le régime fiscal de lentrepreneur et de lentreprise
Selon le type de structure choisi, les bénéfices de lentreprise seront assujettis à limpôt sur le revenu ou à limpôt sur les sociétés. Là encore, ce critère sera rarement déterminant en phase de création. En effet, il est difficile dévaluer précisément le chiffre daffaires prévisionnel de la future entreprise et deffectuer ainsi une optimisation fiscale réaliste.
Néanmoins, si vous pouvez bénéficier dune mesure dexonération dimpôts sur les bénéfices, il peut être avantageux de choisir une structure qui vous permettra de vous placer sous le régime de limpôt sur le revenu. Lexonération portera alors sur lintégralité des bénéfices, y compris sur la part correspondant à votre rémunération...
En savoir plus sur les conséquences fiscales
La crédibilité vis-à-vis des partenaires (banquiers, clients, fournisseurs...)
Il est indéniable que pour approcher certains marchés, la création de lentreprise sous forme de société avec un capital conséquent sera recommandée.
Et si vous nêtes pas encore prêt à vous lancer...
Sachez dans ce cas quil existe dautres formules qui vous permettent dêtre "porté juridiquement" par une autre structure pour tester votre activité ou pour répondre à une demande ponctuelle.
Ces formules sont :
Le portage salarial
La couveuse
La coopérative dactivité
Comparez-les !
En conclusion
Prenez en considération ces différents critères, en évitant de faire reposer votre choix sur un seul dentre-eux.
Prenez le temps de lire attentivement les différentes fiches techniques de lAPCE qui concernent cette étape (voir le menu de gauche).
Comparez les différentes structures susceptibles de sappliquer à votre projet,
Utilisez loutil de lAPCE : Aide au choix du statut
Et... faites le bon choix !
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